Pantanal jour 3, welcome to a better place

Seconde nuit dans le Pantanal, immense marécage, le plus grand du monde, s’étendant au sud-ouest du Brésil, entre les états du Mato Grosso et du Mato Grosso do Sul. Paradis pour les oiseaux, les singes, les caïmans, paraît-il le jaguar, mais aussi, malheureusement, les moustiques, du moins en période humide, de novembre à mai. 4 heures 45, le réveil sonne pour notre deuxième matinée dans cette pousada. Changement de technique, je ne mets plus ma veste noire épaisse, mais ma chemise à carreaux bleues, encore plus rembourée. Je ne prends aucun sac, juste mon appareil photo et mes jumelles. C’est mieux, je suis moins gêné par les moustiques, même si mes mains souffrent encore, pourtant généreusement recouvertes de produits répulsifs. C’est aussi complexe car mes piqûres anciennent masquent les nouvelles, m’insensibilisant temporairement par endroit, ou me faisant rêver de nouvelles piqûres imaginaires. La vie sauvage reste modeste ce matin, simplement une jolie petite chouette. Mais la fatigue et la sensation d’avoir été bouffé de partout gâche cette jolie promenade matinale pendant le lever du Soleil. Petit-déjeuner, puis nouveau départ pour observer le bush « en profondeur » à la recherche de tamanoirs, mangeurs de fourmis. Les moustiques sont beaucoup plus présent dans les sous-bois, ma protection anti-moustiques se complètera d’un T-shirt autour de la tête pour n’exposer que mes yeux et mes mains, encore abondamment traitées au produit anti-moustiques. Après deux jours ici, je trouverai enfin l’habillement nécessaire pour profiter un peu de cette étonnante nature sans souffrir de cette peste de moustique. J’aurais même du plaisir à avancer seul, un peu avant le groupe, doucement dans le sous-bois, à la découverte de petits oiseaux, d’insectes. Nous faisons la connaissance avec les fire ants, ces fourmis-feu qui sont en symbiose avec un arbre, suçant un peu de sa sève mais lui offrant leur protection avec leur piqûre empoisonnée, seules dix d’entre elles peuvent provoquer de fortes fièvres chez l’homme. Nous ne verrons pas de fourmilier géant, seulement quelques singes dans les arbres et un superbe rossignol orange vif. Nous rentrons par le même chemin vers la pousada pour notre repas. Le repas est presque la copie conforme de la veille, ce n’est pas ennuyeux en soi mais quand on paye plus de 170 euros par jour on devient un peu exigeant, surtout couverts de piqûres de moustiques. Ensuite, nous nous plongeons dans une sieste, mais nous devons l’abréger pour préparer notre départ vers la nouvelle pousada. Elle est proche, seulement 40 minutes en voiture, sans doute pas plus de 20 ou 30 kilomètres, la vitesse moyenne est réduite dans les environs. Le trajet en 4×4 est sympathique, nous croisons de multiples oiseaux, quelques capibaras, des jacarés. Dès notre arrivée à la nouvelle pousada, nous devons dire adieu à Liliana qui s’en va, elle ne restait que 2 nuits. Elle était gentille, très enjouée, rigolant souvent. Elle organise des excursions pour des groupes spirituels entre Cusco et Hawaii. De nature indigène, elle monaye un peu son histoire contre les dollars des groupes neo-spirituels à la recherche de fin du monde, d’énergie cachée et autres croyances indiennes. Notre nouvelle chambre, plus petite, nous offre un confort similaire mais semble plus propre, moins infestée d’insectes et plus récente. Nous avons aussi la climatisation et un ventilateur pour supporter la chaleur. Nous n’en profitons toutefois pas beaucoup car aussitôt installés, nous devons repartir pour visiter la forêt du coin. Autour de la pousada, nous sentons une présence moindre des moustiques, c’est une aubaine qui se confirme dans les sous-bois, s’ils continuent à nous tourner autour, leur nombre est considérablement réduit. Nous gardons cependant nos protections multi-couches contre leurs piqûres irritantes. Nous croiserons quelques singes en plus des multiples oiseaux, dont une grosse chouette dormant sur un arbre à deux pas de la pousada. De retour pour le dîner, nous sommes séduit car celui-ci est très bon, guère différent dans sa composition, la cuisine est pourtant meilleure. Après le repas du soir, Rik voudrait passer quelques temps dehors pour observer les animaux nocturnes. Nous partons, sans Leeloo qui préfère rester dans la chambre, pour un petit tour le long du chemin amenant à la pousada. Nous ne croiserons qu’un jacaré et un troupeau de capibaras, mais le ciel étoilé est magnifique. Notre troisième journée dans le Pantanal nous apportera une meilleure impression, notre adaptation aux moustiques, le changement de pousada, et puis notre petit groupe, qui a malheureusement perdu une de ses membres, commence à créer une sympathique synergie.

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