Pantanal jour 2, welcome to mosquitos, and ticks, paradise!

Réveil à 4 heures 50 dans notre chambre hyper-climatisée, dans l’espoir de repousser les centaines d’insectes grouillants de toute part. Nous avons aussi comme co-résidents quelques petits lézards albinos, de multiples micro-grenouilles, et sans doute bien d’autres choses auxquelles nous ne préférons pas penser, errr… Nous partons donc, à moitié réveillés, pour notre première marche matinale, apeurés au moindre bzzz, bzzz. Heureusement à cette heure fraîche, ils ne sont pas beaucoup plus réveillés que nous. Nous accélérons tout de même le pas pour atteindre la tour d’observation de la canopée, la surface supérieure de la forêt. Le Soleil est sur le point de se lever, le ciel nuageux masque les couleurs matinales, mais nous pouvons entrevoir de nombreux oiseaux apréciant le haut des arbres, notamment les perruches vertes, ainsi qu’un iguane, monté pour récupérer un peu de chaleur de l’aube. Le retour est plus sportif, nous voulons passer en vitesse dans les nuées de moustiques venus nous souhaiter une bonne journée. 7 heures 30, petit déjeuner dans la grande salle ouverte, protégée par des moustiquaires en guise de mur. T-shirt, veste large ample à manches longues noires, pantalons saupoudrés de DEET, chapeau : mauvaise idée, les moustiques sont attirés par les vêtements noirs comme les fourmis par le miel, ils ne piquent pas au travers de la veste, mais la nuée s’en donne à cœur joie sur les parties exposées, mains, visage, cou, chevilles… Dès 7 heures du matin, il fait très chaud, autant dire que dès le départ de notre promenade à cheval, avec mon t-shirt, ma veste noire, mon sac à dos recouvert de sa protection anti-pluie pour limiter l’exposition de sa couleur noire, je sue à grosses gouttes. Voilà bien longtemps que je n’ai pas fait un peu de cheval, mais nos montures sont plutôt amorphes, j’ai plus peur de m’endormir sur place et de tomber, que d’avoir quelques sensations fortes. Nous traînons quelques temps au milieu des champs, croisant divers oiseaux mais surtout des termitières. Elles sont parsemées dans les champs par centaines, refroidissant le sol et offrant de solides fondations pour les arbres pendant la période de pluie. L’équilibre s’établit entre ces petits parasites dévorant une partie de l’arbre, mais lui offrant un sol tempéré et une base solide pour survivre aux inondations. La partie la plus horrible arrive quand nous laissons les chevaux une quarantaine de minutes pour nous enfoncer dans la forêt. Non seulement nous ne verrons rien, mais nous récupérerons piqûres de moustiques et tiques en quantité. Nous accueillons avec joie le retour à la Pousada, douche, lessive, recherche de tiques, c’est dur la vie d’explorateur… Repas, toujours basique mais bon et copieux, sieste, puis à 15 heures c’est reparti pour l’activité de la soirée, pêche aux piranhas. Notre attirail de pêche est des plus basique, une canne en bambou avec un fil de pêche et un petit crochet où nous pendons un bout de viande. Simple mais suffisant pour pouvoir attraper ces petits poissons aux dents acérées. Le guide est plutôt doué et ramène poissons sur poissons quand nous parvenons difficilement à en pêcher un seul. Il faut lancer la ligne, taper un peu sur l’eau avec la canne pour informer les poissons qu’un truc se passe, attendre d’avoir un peu de mouvements signifiant qu’ils ont trouvé l’appât, et alors donner un petit coup sec sur le côté pour tenter de ferrer l’animal, puis le sortir de l’eau pour le récupérer. Ces poissons, d’environ 10 à 20 centimètres, sont vraiment fascinants, leurs dents acérées, leur capacité à déchiqueter l’appât en quelques secondes sans même se faire prendre… Après la pêche de mon premier poisson, je perds rapidement patience et me contente alors de profiter du paysage, superbe Soleil couchant sur la forêt. J’ai retiré ma veste noire, beaucoup trop attirante pour les moustiques, je laisse aussi mon sac à dos posé dans la barque, tant pis pour la terre, mais le nombre de piqûres est plus faible. Malheureusement la position assise dans le bâteau tend mon pantalon sur les cuisses et je découvrirais trop tard les ravages opérés par ces calamités sur mes arrières-cuisses. C’est vraiment insuportable. Mes piqûres de la veille commencent à me gratter, j’ai sans doute été piqué sur les pieds par des puces, où alors des moustiques ou des tiques, ou je ne sais quoi encore, et je ne sais trop quand, j’ai toujours mes chaussures sauf pour dormir et parfois pour le repas. C’est décourageant, nous avons même envie de rentrer plutôt que de devoir subir encore ce supplice plus longtemps. Payer autant pour cet enfer, c’est exaspérant. Tout le monde est logé à la même enseigne, le plus affreux étant que même le guide, travaillant dans ce parc depuis plus de 20 ans, n’a guère plus de chance que nous. Il est mieux protégé, ses habits sont plus épais, plus difficiles à traverser, mais les moustiques parviennent tout de même à lui rendre la vie dure, sans parler des puces et des tiques… Chacun tente différentes techniques, Liliana semble relativement épargnée, ses jeans et sa chemise semble une protection suffisante, elle ne craint habituellement pas trop les moustiques. Clément est lui-aussi plutôt chanceux avec les moustiques, mais pas des tiques et des puces, ses chevilles sont en feu. Leeloo, qui ne supporte pas de suer, refuse d’augmenter son nombre de couche, et en paie les frais, son corps se couvre petit à petit de piqûres de toute part. Rik, au contraire, multiplie les couches, mais un pantalon épais et trois couches sur le torse restent insuffisantes… Créatures du diables, si seulement nous pouvions les éradiquer de la surface de la Terre !

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