Courir des marathons

marathon-paris-2011Je pratique la course à pieds depuis l’âge de 16 ans, date d’une opération pour déchirure musculaire à la jambe qui m’obligea à pratiquer un sport de fond à la place de la vitesse. Les premières années, je ne courais alors que sur courtes distances, surtout 3 et 5km, deux à trois fois par semaine.

Le temps passant j’augmentais et variais mes parcours.

Premier marathon

À 21 ans, sans préparation particulière, je tente de courir 40 km. Les conditions sont mauvaises, nous sommes le 7 août 1997 à Châteauvieux, il fait un temps magnifique et une chaleur intense. Pour arranger le tout, je commence ma course à 13h sur un parcours de 10km bitumé, avec peu d’ombres, comprenant environ 120 mètres de dénivelé, soit presque 500m pour les 4 aller-retours et 40km.

En plus, j’avais la diarrhée…

Je faisais une petite pose technique à chaque aller-retour…

Il me fallut 5h15.

Autant dire que j’en ai sacrément sué…

J’ai refais le parcours récemment, je pense qu’il est seulement de 9.5 km, mais je compte néanmoins cette première expérience comme mon premier marathon, la souffrance y était.

Je terminai les 10 derniers kilomètres en marchant, je n’ai plus pu courir pendant 3 mois à cause d’une douleur tenace aux genoux, et je ne repris que par quelques kilomètres dans Nancy, où je me trouvais alors, en septembre 1997.

Pendant 10 ans, mes seules expériences sur longues distances furent un 19km et un 25km, me contentant sinon de 5 à 12 km.

Vrais marathons

Je décidai de retenter l’expérience d’un marathon à l’occasion de mon départ de Mandriva fin 2006 en m’inscrivant au marathon de Paris. Je suivi alors un programme de quatre mois comportant environ quatre entraînements par semaine, pour passer en deux mois sur une distance d’un semi-marathon, puis sur marathon les deux mois suivants.

Lors du marathon de Paris du 10 d’avril 2007, contrairement  à celui du 7 avril 2013, il faisait chaud, dans les 18⁰C si je me souviens correctement, et j’en ai bavé… Les 15 derniers kilomètres furent très durs, j’ai eu beaucoup de mal à marcher et l’impossibilité de courir pendant deux semaines. Mais si les 10 derniers kilomètres de ce premier marathon en compétition m’ont vu jurer de ne jamais en refaire, je n’avais que cette envie en tête, une fois la ligne d’arrivée franchie ! Il y a tellement de choses que l’ont voudrait améliorer ou tester, les ravitaillements, la boisson, la vitesse ! J’ai bu environ 4 litres d’eau, mangé des gels énergétiques, et j’ai eu mal au ventre toute la course ! J’ai fini ce premier marathon en 3h52 environ.

Puis j’ai recommencé en 2008. J’ai couru celui de La Rochelle. Il était plutôt agréable, il pleuviotait, et il ne faisait pas trop chaud. La course se passa bien les trois premières heures. Je l’ai faite en totale autonomie, sans prendre aucun ravitaillement, et en me contentant d’eau mélangée à une poudre énergisante. Mais au bout de trois heures je fus tétanisé par un coup de barre phénoménal qui me poussa presque à l’abandon, plus aucun peps, plus de jambes, complètement démotivé. Le célèbre « mur du marathon ». Je subissais le contre-coup d’une alimentation et d’une hydratation insuffisante. Il faut souvent trois heures pour que l’ensemble des sucres rapides du corps soient complètement liquidés, et si on ne s’est pas suffisamment alimenté, alors le cerveau n’a plus de jus, et plus rien ne va. Le corps ne peut pas fonctionner uniquement sur les graisses, il faut toujours 30% au moins d’apport via des sucres rapide sinon c’est le coup de blues assuré…. L’hydratation est aussi fondamentale, déshydraté, le corps peut facilement perdre 30% de ses capacités. Et si on subit les deux de plein fouet, on passe un sale quart d’heure ! Je terminai tout de même après un peu de marche et une ou deux barres de céréales pour reprendre courage. Je parvins toutefois à améliorer mon temps final en 3h38.

En 2010, nous visitions Marseille avec Leeloo et j’y courus la seconde édition du marathon. C’est une ville que j’aime bien, dommage que le marathon se fasse en deux tours d’une même boucle, il y aurait de quoi faire une plus grande balade ! Je le terminai en 3h35, la fin est toujours un peu dure, mais rien comparé à mon premier !

En 2011, un peu à l’improviste, je refais le marathon de Paris, avec très peu de préparation, de plus, depuis le marathon de Marseille l’année précédente, j’ai changé mon pas de course ; je cours désormais sur les pointes, c’est à dire que l’avant de mon pied est la première partie qui touche le sol dans ma foulée. Ce sera sans doute mon marathon le plus régulier, hormis le départ encore un peu houleux à cause de la foule, et un peu de fatigue à l’arrivée, les 3h33 de ce marathon passèrent facilement.

Fin 2011, je fais avec mon ami Chty la Saintélyon, un trail hivernal de nuit de 68 km entre Saint-Étienne et Lyon, je finis difficilement en 10h30, j’ai marché depuis le kilomètre 40…

Statistiques

À l’occasion de mon marathon de Paris 2013, je profite de cet article pour dresser un petit bilan. Je n’ai malheureusement pas les relevés des temps au cours du marathon de Marseille.

Voilà un résumé de mes temps pour mes cinq marathons en compétition :

Année Lieu Temps
2007 Paris 3h52m39s
2008 La Rochelle 3h37m28s
2010 Marseille 3h35m15s
2011 Paris 3h33m35s
2013 Paris 3h28m42s

Je suis plutôt satisfait, car pour l’instant, je progresse à chaque fois. Je pense malheureusement que cette série s’arrêtera bientôt, je ne pense pas pouvoir descendre en dessous de 3h20 sans concessions trop importantes sur mon entraînement et mon alimentation.

Voici, pour les 4 marathons dont j’ai les informations, ma vitesse moyenne le long du parcours :

Ma vitesse trop rapide sur le début du marathon de Paris 2007 apparaît clairement. C’est ce qui m’a épuisé en 25 km et qui m’a fait terminé ce premier marathon sur les rotules, ma vitesse de course chutant de 11.5 km/h à 9.5 km/h.

Pour le marathon de La Rochelle, je partis beaucoup plus doucement, ce qui me permit de garder la forme plus longtemps et de pouvoir attaquer un peu après 25 km. Mais la perte d’énergie des six derniers kilomètres reste flagrante.

Au marathon de Paris 2011, le départ fut un peu dur et contrairement à mon premier essai, je me suis laissé porter par la foule, sans chercher à doubler comme en 2007. Je pus accélérer à compter du 15ème kilomètre et tenir le coup jusqu’à la fin, ralentissant un peu autour des 33 km par sécurité. Mais un regain d’énergie me permit de finir à bonne vitesse.

Pour Paris 2013, le départ différé des différents sas me permit de prendre une bonne allure dès le départ, que j’ai conservée jusqu’au 32ème kilomètre environ, mais ensuite c’est le coup de barre et je termine encore moins vite qu’en 2011…

Toutefois, les relevés tous les 5 kilomètres lissent beaucoup la vitesse moyenne. J’ai mesuré pour ce marathon de Paris 2013 mon temps de passage à chaque kilomètre, et alors le résultat est surprenant :

Mon premier ravitaillement au 10ème kilomètre se dénote immédiatement, ainsi que mon arrêt pipi au kilomètre 15. Sur la fin, ma perte d’énergie se retrouve au kilomètre 35, mais il est intéressant de voir que je tente de reprendre de la vitesse jusqu’au 39ème kilomètre, pour finalement baisser les bras au 41ème ; finalement l’arrivée proche me redonne un dernier coup de boost.

Bilan

Je ne pense pas être un marathonien dans l’âme, je n’en cours qu’un de temps en temps pour garder la forme, mais je crois que je préfère les épreuves plus variées comme les trails qui alternent les sols et les altitudes et requièrent un peu d’agilité. Ainsi, je n’ai pas la volonté de devenir un vrai marathonien, cela représente trop de concession sur le poids, le régime alimentaire, la musculature. Toutefois je pense toujours en courir un tous les deux ans, histoire de garder un minimum d’endurance, et puis cela permet d’aller visiter de nouvelles villes !

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