Naissance d’Alice, après-midi du 24 décembre 2012

Lundi 24 décembre à midi, nous sommes à la maternité de l’hôpital d’Orsay depuis 4 heures ce matin. Leeloo est dans la salle de suivi, la douleur est intense et elle envisage de demander une péridurale, d’autant plus que le suivi s’effectue allongé, avec des sangles captant les battements cardiaques d’Alice ainsi que l’intensité des contractions de la maman. Leeloo a beaucoup de mal avec cette position, ne parvenant pas à soulager les contractions aussi bien que debout.

Nous restons jusqu’à 13 heures dans cette salle, dilatation à 6 et demi puis nous repartons dans les couloirs.

Les contractions de Leeloo se rapprochent, l’immobilisant désormais toutes les 3 minutes dans notre noctambulisme diurne. Nous parcourons les couloirs de l’hôpital, montons et descendons escaliers, un petit tour à l’extérieur, une fois bloqués dans une impasse. Leeloo boit un peu de jus d’orange régulièrement pour garder de la volonté et des forces, et mange aussi quelques noisettes.

10 heures après notre arrivée à l’hôpital, cela devient très dur. Elle demande désormais fréquemment la péridurale. Je lui donne un peu de courage, ainsi que Marine la sage-femme qui nous suit, nous tenons encore une heure, mais à compter de 15 heures elle est exténuée, et nous nous dirigeons dans la salle permettant de recevoir cette anesthésie locale au niveau du bas de la colonne vertébrale dans l’espace péridural.

La péridurale n’est pas un traitement anodin, elle provoque une chute de tension notamment par l’ingestion de morphine, d’où la nécessité d’une perfusion d’eau dans le système sanguin pour limiter la chute de tension. Une fois la péridurale posée, la maman doit rester allongée sur le lit, car l’appareil est fixe et l’usage des jambes réduit. L’hôpital d’Anthony possède toutefois un appareil à péridurale mobile, permettant aux mamans de continuer à se déplacer, même avec l’anesthésie.

Leeloo est déçue et triste de ne pas avoir tenu jusqu’au bout, mais quand la péridurale prend finalement effet vers 17h, 13 heures après notre arrivée, elle en profite pour s’assoupir et reprendre quelques forces, et après un petit tour dehors pour manger un bout avec mes parents et leur donner quelques nouvelles, je fais moi aussi un petit somme. Nos deux courtes nuits précédentes et la journée entière sans quasiment rien manger nous ont exténués.

Les douleurs des contractions sont un signe du corps indiquant à la future mère l’arrivée imminente d’un nouveau né, ces contractions aident aussi la maman à se positionner pour avoir le moins mal possible, et aider à la descente du bébé. Une fois la péridurale active, la plupart de ces sensations disparaissent, effaçant les indications du corps pour aider au positionnement du bébé dans le bassin. La maman doit alors changer de position régulièrement, toutes les 20 minutes, sur le dos, sur le côté droit, sur le côté gauche, etc.

À 18 heures 10, la sage-femme constate l’ouverture du col à 10, c’est la dilatation complète, désormais le bébé va s’engager dans le col et descendre dans le vagin pour sortir le bout de son nez, de son crâne plus exactement, dans ce nouveau monde extérieur. Malheureusement, le soulagement de Leeloo sera de courte durée car les contractions douloureuses reviennent vers 19h et une nouvelle injection de péridurale n’y fera rien.

La péridurale ne fait plus effet, les douleurs persistent, intenses comme auparavant, il nous faudra donc tenir jusqu’au bout à l’ancienne. Mais dorénavant Leeloo ne peut plus rester debout, contre-indication de la péridurale, elle devra donc encaisser allongée la douleur. Elle s’accroche au haut du lit durant les contractions et je me place au bas du lit pour quelle pousse de toutes ses forces avec sa jambe, pour se soulager.

Par moment, je passe derrière le lit et, la tenant par les deux mains, elle me tire vers elle avec force durant les contractions.

– 1, 2, 3, 4…

Je compte les secondes durant chaque contraction, pour signifier le temps qui passe et la fin de la douleur après environ une minute. Toutes les deux à trois minutes, nous reprenons. Le temps passe lentement, 19 heures passées, 15 heures après notre arrivée, mes parents s’inquiètent de ne pas encore avoir eu de nouvelles d’Alice, mais la petite se fait attendre !

Leeloo commence à pousser régulièrement durant les contractions, mais une demi-heure plus tard une sage femme lui indique qu’il ne faut pas, il faut seulement pousser quand l’envie, le besoin plus exactement, arrive, quand le bébé est vraiment bien engagé.

Finalement, après une dernière tentative pour la soulager avec une nouvelle dose d’anesthésique, une sage femme commence à installer le lit en position d’accouchement. Leeloo voulait une position sur le côté, mais elle optera finalement pour une position gynécologique classique, effrayée de ne pas pouvoir gérer cette position moins courante de nos jours.

Une sonde urinaire est effectuée. Les sensations s’atténuant sous péridurale, il faut vider la vessie manuellement pour éviter que celle-ci ne gonfle trop et risque un claquage. Un petit tuyau est inséré dans la vessie par l’urètre pour vidanger l’urine. Cette opération sera effectuée plusieurs fois car sous péridurale la perfusion d’eau remplit la vessie.

Une sage-femme et une puéricultrice l’assistent lors de la poussée. Elles installent les étriers où Leeloo posent ses jambes. En position, la sage-femme contrôle la descente du bébé et pendant que l’autre l’aide à pousser. Je fais de mon mieux pour lui rappeler de ne pas bloquer, de toujours souffler. À chaque contraction, elle pousse pousse pousse du plus fort qu’elle peut, toujours en soufflant un peu d’air pour éviter d’endommager trop le périnée ou encore de provoquer un décollement de rétine.

Les sages-femmes l’aident à trouver la façon de pousser la plus efficace, en gonflant le ventre, en poussant bien vers le bas.

Une heure passe, il faut toujours pousser, pousser, pousser. Nous voyons les petits cheveux d’Alice !

Leeloo a très mal, la sensation du bébé qui descend est très désagréable, et les douleurs deviennent difficilement supportables, mais la tête du bébé à quelques centimètres de la sortie lui donne courage !

Encore trente minutes, Leeloo hurle sa douleur, les femmes l’incitent à pousser toujours plus fort, toujours plus longtemps, car à chaque inspiration le bébé remonte un peu, alors il faut effectuer une poussée continue la plus longue possible, pour gagner quelques précieux millimètres !

– J’en peux plus ! J’ai trop mal, pleure ma petit femme. J’ai tellement mal pour elle…
– Poussez, poussez, poussez ! crie la sage-femme.
– Je peux plus, je peux plus, je peux plus !!! C’est trop dur ! hurle et pleure Leeloo.
– Ouiinnnn !!!
– Ça tombe bien la voilà, se réjouit la sage femme en posant Alice sur son ventre, notre petit bébé !

En effet, une fois la tête à moitié sortie, en quelques seconde la sage-femme glisse Alice hors du vagin et la dépose sur le ventre de Leeloo, Alice pleure, elle se réchauffe sur sa maman, elle est presque propre, juste quelques traces de sang !

Oh, tu es tellement jolie, ma fille.

La sage-femme aide ensuite la sortie du placenta en tirant doucement sur le cordon, vérifie qu’il est bien complet, et met quelques points à Leeloo qui a eu une petite déchirure durant la poussée, mais rien de grave. Je coupe le cordon puis nous passons ensuite deux heures ensemble, avec notre fille, dans la salle d’accouchement, nous sommes heureux.

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