Naissance d’Alice, matinée du 24 décembre 2012

Lundi 24 décembre 2012, 2h40, Leeloo va faire pipi, j’entrouve l’œil, rien d’anormal…

– Amour ? dit-elle quelques minutes plus tard en revenant.
– Oui, dis-je en tentant vaguement de voir ce qu’il se passe.
– Il va falloir y aller.

Petit coup d’adrénaline.
– Que se passe-t-il ? Dis-je un peu surpris.
– J’ai perdu les eaux…

Préparation au départ pour la maternité d’Orsay

Rationalisons, rien n’est plus mauvais que d’agir dans l’urgence quand il y a urgence. La sage-femme avait préconisé d’aller à la maternité dans les deux à trois heures après la rupture de la poche des eaux, nous avons donc le temps de faire le point.

Les contractions sont toujours régulières mais leur espacement reste d’environ 7 minutes, c’est encore trop peu pour ouvrir efficacement le col de l’utérus.

– J’ai des pertes rosées, je ne sais pas si c’est normal, je voudrais aller à l’hôpital, m’avoue Leeloo, inquiète.
– Je vous propose de les appeler et de prendre conseil, peut-être que c’est tout à fait normal.

Leeloo appelle l’hôpital d’Orsay. La couleur des pertes est en effet tout à fait classique. Mais elles doivent être claires. Il faut s’inquiéter si elles contiennent trop de sang. J’imagine que la notion de « clair » est évidente pour tout étudiant ou ex-étudiant de médecine, c’est plus perturbant pour une primipare (femme accouchant pour la première fois).

Nous convenons de nous préparer tranquillement et de bien vérifier que nous n’oublierons rien. L’hôpital a expliqué à Leeloo qu’elle avait du temps pour venir, mais pas « plusieurs heures », j’imagine que cette notion est aussi relative et au bon jugement de chacun.

Je conseille à Leeloo de manger, certains hôpitaux interdisent complètement de boire ou de manger pendant le travail, au cas où une anesthésie générale serait nécessaire, ce qui est rare de nos jours.

Pendant qu’elle prend son petit-déjeuner, je prépare moi-aussi mes affaires, nous allons peut-être passer 24 heures debout en attendant Alice, même si je ne le souhaite pas à Leeloo après nos deux mauvaises nuits. Je prends de quoi me changer, un bouquin, je mets à recharger mon téléphone, un appareil photo pour garder quelques images de la journée, des biscuits et une bouteille de jus d’orange pour l’apport énergétique…

L’ouverture à 5

Nous arrivons à la maternité d’Orsay vers 4 heures du matin, nous sommes accueilli par une des sages-femmes de nuit qui va au préalable s’assurer que la poche des eaux est bien rompue et que le travail a bien commencé.

Le premier verdict tombe vers 4h40, après une demi-heure de suivi branchée à un appareil mesurant le rythme cardiaque du bébé ainsi que l’intensité des contractions de la maman, le « monitoring ». Le col est ouvert à deux doigts et demi, mais les contractions sont encore un peu irrégulières, espacées d’environ 5 minutes.

Durant la dilatation du col de l’utérus, il est coutume de mesurer l’avancée en doigts, tout simplement car c’est le rare outil de mesure qu’il est à peu près simple de passer à cet endroit, au fond du vagin. Ce n’est pas spécialement agréable de se faire tripoter à intervalle régulier par différentes sages-femmes (du moins je l’imagine, je n’ai pas eu ce plaisir) mais l’équipe d’Orsay a toujours eu le respect d’attendre la fin des contractions et l’accord préalable de Leeloo avant de vérifier l’ouverture du col.

C’est bien l’accouchement qui se profile, nous allons donc rester là pour quelques jours… Leeloo avait un petit peu peur que le protocole ne soit trop strict, et l’oblige à effectuer l’accouchement selon une procédure précise, mais la sage-femme qui nous a accueilli a écouté avec attention le projet de naissance de Leeloo : elle voudrait se passer de péridurale si elle y parvient, accoucher sur le côté, position qu’elle jugeait plus confortable durant les séances de préparation à la naissance !

Leeloo met un peu de musique pour se calmer et se concentrer sur autre chose que la douleur. Harmonium, Nobuo Uematsu. De la musique calme et rassurante, pour supporter la douleur grandissante des contractions.

Nous restons dans la salle de suivi jusqu’à l’arrivée de l’équipe du matin. Les contractions deviennent plus douloureuses, nous marchons un peu, utilisons un ballon qui se trouve dans la pièce. Leeloo se concentre sur sa respiration, toujours respirer pendant les contractions, de grandes inspirations du bas ventre jusqu’au torse et de longues expirations.

8 heures, nouvelle vérification du col, 3 doigts et demi. Le col s’est donc dilaté d’un doigt en 3h20, la journée s’annonce longue… La sage-femme nous rassure en expliquant qu’une fois dilaté à 5, le travail s’accélère généralement.

Nous devons quitter la salle de suivi et rejoindre notre chambre double que nous partageons avec une jeune maman dont le petit garçon est né la veille au matin. Nous nous installons rapidement et partons à la découverte de l’hôpital, une fois le travail lancé, il faut beaucoup marcher et bouger pour l’accélérer.

Déambuler dans les couloirs de l’hôpital avec des contractions régulières n’est pas une mince affaire. Les contractions se rapprochent un peu, toutes les trois à 4 minutes. Quand une contraction arrive, Leeloo se place en face d’un mur, penchée, les deux bras tendus et pousse de toutes ses forces contre le mur pendant que je lui masse le bas des reins, ou simplement appuie fortement sur le dos pour la soulager. La douleur devient plus difficile à supporter, Leeloo a peur de ne pas tenir, déjà 8 heures que nous sommes là…

Nous choisissons de monter les 5 étages de l’escalier pour accélérer les choses. Nous faisons une pause pour admirer la vue sur la place de la mairie d’Orsay via les fenêtres de l’escalier, prendre quelques noisettes et se relaxer un peu entre chaque contractions.

Nouvelle vérification du col vers 11h30, ouvert à 5 et demi, deux doigts en 3h30, c’est un peu plus rapide, mais encore bien en deçà de « un doigt » par heure que beaucoup prennent en référence…

Quand vas-tu venir, petite Alice ?

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