GR 54, de Valsenestre au Désert en Valjouffrey par le col de Côte Belle

Le mardi 12 juin 2012, avec Chty, Aurélie et Leeloo, nous sommes partis de Valsenestre pour rejoindre le Désert en Valjouffrey par le col de Côte Belle en suivant le tracé du GR 54.

Itinéraire GR54, de Valsenestre
vers Le Désert en
Valjouffrey
 
Distance 10km
Dénivelée positif +1003m
Déniveléee négatif -1064m
Altitude min 1250m
Altitude max 2290m
Durée 8h35

Presque 7 heures du matin, debout pour une grosse étape, plus de mille mètres de dénivelée positifs et autant en négatif. Il pleut et le copieux petit déjeuner laissera planer des doutes sur la journée. La gérante du gite nous propose de nous emmener en voiture au désert, certains hésitent.

Finalement la pluie cesse et quelques rayons de ciel bleu nous redonnent du courage. Pourtant, il a neigé bien bas cette nuit, à 1800 mètres annonce la gérante, notre col situé à 2300 mètres sera donc sous la neige, sans doute pas plus de quelques centimètres, espérons-nous.

Nous partons, il est huit heures passées. Il pleuviote, nos ponchos sont de sortie. Quelques traces de ciel bleue tentent leur chance face à l’épaisse couche nuageuse qui s’accroche aux montagnes et les recouvrent d’un manteau blanc, comme si les nuages trop gras se décomposaient sur la roche. Nous reprenons pourtant confiants la même route que la veille, « ça se découvre » nous a dit la gérante…

Après deux kilomètres, nous retrouvons le GR 54 et nous nous engageons sur la montée vers le col de Côte Belle. Le temps est toujours couvert. Le panonceau annonce deux heures 30, mais nous avançons plus doucement, il nous faudra peut-être 4 heures avec les pauses, de plus nous déjeunons souvent pendant la montée pour reprendre du courage.

Les lacets jusqu’à 1800 mètres nous font découvrir beaucoup de fleurs de montagne, boutons d’or, myosotis, pavots des alpes, trolles d’Europe, bleuets… Nous avons une vue directe sur le col de la Muzelle, il est complètement recouvert de neige alors que la veille nous n’en avions pas du tout sur ce versant. La neige semble débuter vers 1900 mètres. Les nuages sont persistants, l’éclaircie se fait attendre…

L’heure tourne, midi approche, nous décidons de faire notre pause déjeuner. La vue se dégage un peu, espérons-nous, mais le temps d’avaler notre mini cake au fromage, un nouveau nuage nous enveloppe et un petit vent frais se lève, tant pis pour le panorama !

Pas vraiment le temps de faire une sieste, quelques gouttes nous rappellent à l’ordre et nous avons toujours le souvenir de la forte pluie de l’avant-veille. Nous reprenons la route. Les premières traces de neige fraîche apparaissent, nous sommes à peine à 2000 mètres. Une centaine de mètres plus haut, le sol est tout blanc, tout le monde enfile poncho et veste imperméable, des flocons commencent à nous rendre visite.

À 2200 mètres, il neige franchement, nous croisons des structures rocheuses nous emmenant dans d’autres dimensions, la neige, l’absence de végétation le brouillard, je frissonne à l’idée de me trouver de l’autre côté du « Wall »…

Notre progression se ralentit, la chute de neige s’intensifie, nous arrivons enfin au sommet, 2290 mètres, dix bons centimètres de neige, et ça continue… Nos yeux ne portent pas plus loin que notre petit groupe, la neige et l’épais nuage nous isole du reste du monde. Ma carte au 1/25000 nous donne le chemin, impossible de voir un quelconque sentier sous cette couche de neige.

Nous partageons nos bâtons avec Chty et Aurélie, ils nous évitent bien des gamelles. Nous hésitons, nous avançons comme des fourmis, vérifiant sans cesse notre chemin. Une tranchée soutenue par une barrière, que nous confondions au premier abord avec une ravine, se révèle être le bon sentier.

300 mètres de descente complexe, glissante, frustrée par l’épais nuage nous masquant l’horizon. Enfin nous sortons de notre aveuglement et la vallée du Valjouffrey s’ouvre devant nous.

Les nuages sont accrochés comme des poux aux montagnes, nous n’aurons aucune chance de revoir un ciel bleu. Nous apercevons parfois le col de Vaurze, notre itinéraire du lendemain. Je suis inquiet, c’est un col difficile, se trouvant trois cent mètres plus haut que le col de Côte Belle que nous avons passé aujourd’hui, réputé facile. De plus la neige continue à tomber et nous n’avons pas les équipements adéquats. Malheureusement, j’estime qu’il nous sera trop dangereux de tenter cet itinéraire.

Nous terminons notre descente en croisant des moutons vers le petit village du Désert en Valjouffrey, d’où j’appelle mes parents pour leur demander s’ils pourraient venir nous chercher.

C’est convenu, mon père va venir nous récupérer, ce qui n’est pas plus mal car le restaurant où nous devions manger le soir est fermé cette semaine, même si le gîte nous l’avait indiqué…

À moitié déçus, à moitié rassurés, nous patientons une grosse heure dans le petit village du Désert, qui porte bien son nom… Installés à côté du cimetière, c’est sans doute l’endroit où se trouve la majeure partie des habitants… Mon père arrive, et nous quittons la vallée encaissée, délaissant le GR54. Enfin, tant pis pour cette fois-ci, le GR54 a été plus fort que nous, nous tenterons peut-être une autre fois de reparcourir cette randonnée magnifique mais difficile…

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