Départ de Chapada dos Guimarães et du Mato Grosso

Dimanche 25 mars 2012, notre dernier jour dans le parc national Chapada dos Guimarães, englobant les immenses falaises de pierres rouges marquant la fin du plateau central du Brésil. Recouvert de « cerrado », la savane brésilienne, ce parc renferme de nombreuses espèces animales en plus des merveilleuses formations rocheuses.

Le réveil sonne… Déjà, murf… Étrange, ce n’est pas la sonnerie habituelle de Leeloo, encore plus étrange, nous devons nous lever à 7 heures, heure où le jour est levé, or la nuit est encore noire. Je bondis tout de même pour identifier la source du bruit, le téléphone de Rik ! Il est lui aussi debout, récupère son téléphone, tapote deux trois trucs, puis finalement sort de la pièce, nous espérons que rien de grave n’est arrivé.

Tout le monde se rendort jusqu’au petit matin.

Déjeuner avalé, Rik nous rassure, ce n’était que sa copine suriname, légèrement imbibée, euh… joyeuse, qui voulait entendre le son de sa voix.

Ah les filles.

C’est mimi, il est pardonné pour nous avoir foutu les jetons à tous.

Allez, Allez, on ne traîne pas, nous devons être prêts pour le départ à 8 heures 30, il est 8 heures 20 et il nous faut acheter de quoi pique-niquer.

Quelques bananes, une sorte de saucisson de poulet que notre guide nous avait fait découvrir dans le Pantanal et un sachet de pain de mie feront l’affaire.

Le Ford ecosport truc 4×4 du guide arrive presque à l’heure et nous voilà tous les cinq de nouveau sur la route quittant Chapada dos Guimarães en direction de Cuiabá. Nous allons à 30 kilomètres de là, soit mi-chemin de Cuiabá, pour notre balade du jour.

Mince ! Nous aurions dû emporter nos sacs, le guide aurait peut-être pu nous emmener après le tour, ou au moins nous laisser à un arrêt de bus. Tant pis, la présence d’esprit, ce sera pour un autre voyage.

Nous passons sur un pont dont la rambarde manque, « un camion transportant 20 vaches a sauté dans le vide par ici la semaine dernière », nous raconte le guide, « plus de freins, le chauffeur est parvenu à s’éjecter du véhicule avant que le camion ne quitte le pont, les vaches ont été moins chanceuses, 14 sur les 20 sont mortes, les autres sont parties errer dans les environs ».

Décidément, les route au Brésil ne sont pas très sûres, entre l’accident de la veille, ce camion qui saute du pont, et si nous ajoutons les trois camions renversés dans le Minas Gerais, je suis curieux de connaître leur statistiques sur les accidents de la route.

Vérification faîte, plus de 37 000 morts en 2008, 20 morts pour 100 000 habitants, c’est trois fois plus que la France, mais cela reste dans la moyenne mondiale et bien moins que la plupart des pays d’Afrique.

Nous quittons la route principale pour entrer sur un chemin menant dans le parc national. Sur la route, le guide a récupéré la clef du portail bloquant l’accès. Comme nous l’avait expliqué l’employée du parc la veille, il est impossible de rentrer dans le parc sans un guide.

Nous roulons un kilomètre ou deux avant de stopper devant une énorme flaque d’eau ou se trouve embourbée une Honda Civic. La voiture est profondément enfoncée dans la boue, le pare-choc arrière partiellement dans l’eau. Le conducteur n’a pas dû rigoler quand il a abandonné son véhicule dans un état pareil ! C’est dommage j’aimais bien Honda comme marque mais si elles s’embourbent, je ne sais plus trop.

Malheureusement, la voiture se trouve sur le coin le plus favorable pour la traversée de l’étendue d’eau. Notre guide nous propose de terminer à pieds, nous ne sommes qu’à un kilomètre de la balade. Nous acceptons sans rechigner, notre groupe se divise en deux, ceux quittant leur chaussures pour traverser les pieds dans l’eau, et ceux, comme moi, sautant sur le bord entre touffe d’herbes et tronc d’arbre mort par flemme de retirer ses chaussures.

Mes boutons de moustiques du Pantanal sur le pieds m’ont tellement gratté que j’ai arraché un gros pan de peau sur mon coup de pied droit. C’est douloureux et ma chaussure appuyant sur la plaie, celle-ci a du mal à se cicatriser. Rik mon toubib perso m’a conseillé de laisser la plaie un max à l’air libre et d’éviter de la mouiller. Alors j’évite de la mouiller.

Le cerrado est joli, de petits arbres, ou arbustes, quelques plantes, toujours cette terre rouge, parfois du sable, beige, rose, rouge, c’est fascinant. Le ciel bleu, les falaises rouges, la végétation vert clair, je me répète mais c’est magnifique.

Il fait très chaud, nous buvons abondamment et j’ai bien peur que nos trois litres d’eau ne s’évaporent bien vite. Le guide nous emmène tout en haut d’un petit mont d’une cinquantaine de mètres surplombant la forêt, ça devient compliqué de trouver des superlatifs pour décrire la vue ! Nous sommes au creux d’une enclave de forêt entourée de falaises. Disons que c’est extraordinaire. Certaines formations géologiques étranges nous laissent pantois. Dommage que les photos ne rendent pas aussi bien que la réalité.

Le guide reprend la route, nous marchons désormais à l’ombre des arbres, c’est bien mieux. Nous voilà en face d’un bassin formé par une petite rivière. Je ne sais pas comment il fait, mais Clément est déjà dans l’eau. Je pense qu’il se téléporte dès qu’il voit une flaque, il nous a fait le coup à la cascade hier aussi, avant même que nous n’arrivions, il était déjà tout au bout sous les trombes d’eau, alors qu’il m’a fallu 10 minutes pour me déshabiller et le rejoindre.

Rik, lui, opère de manière opposée, quand il conclut que l’eau n’est pas mortelle parce que tout le monde y nage depuis 10 minutes, il accepte de venir. Sans doute sa conscience professionnelle lui interdit-elle d’être aventureux, si l’un d’entre nous avait un souci, lui seul peut nous sauver ! Admettons.

Des centaines de petits poissons viennent nous mordiller, c’est amusant. Ils mordent fort parfois ! Le courant n’est pas très puissant mais suffisant pour faire du sur-place si nous ne nageons pas très vite.

Aïe ! Méchants poissons, ils viennent me mordre mon pied où j’ai ma blessure !

Bon, je sors.

Arg ! Des milliers de poissons, je me fais bouffer !

Non ça va, je survis.

Nous restons un bon petit quart-d’heure à nous réchauffer au Soleil, le guide se plaint des touristes donnant à manger aux animaux, mais envoie son trognon de pomme aux poissons, ce qui limite l’impact de son discours. Mais bon, c’est organique, comme il dit. Je mange aussi une pomme, mais j’envoie le trognon aux singes, qu’ils crèvent, ces poissons !

Nous reprenons la route, mais pour un kilomètre ou deux à peine. Sur le chemin nous apercevons quasiment au même endroit des empreintes de puma, de fourmilier géant, de loup et de tapir, fichtre, il y a eu une sacré fiesta hier soir par ici !

Nouveau petit ruisseau, nouvelle baignade. Un passage étroit permet de se laisser porter par le courant pendant quelques dizaines de mètres. Clément a déjà fait trois fois le tour du bassin quand je trouve enfin un coin sec pour poser mes affaires. Rik, il faudra qu’on le pousse à l’eau, il s’obstinait sans doute à croire que nous n’étions pas tous hors de danger.

Nous apprenons alors que le tour est terminé ! Déjà ! Il est à peine 13 heures… Voilà pourquoi ce tour était presque deux fois moins cher. Nous avons le choix, manger ici ou bien rentrer directement à Chapada dos Guimarães. Nous décidons de partir, nous pourrons ainsi manger tranquillement à la ville, et nous trouverons un bus plus tôt pour Cuiabá.

Notre plan se déroule sans accroc, et nous arrivons chez Joël Souza vers 17 heures. Cela nous fait plaisir de le revoir, nous n’avions pu le saluer lors de notre départ, nous étions tristes.

Notre dernière soirée avec Rik et Clément. Dimanche sur Cuiabá l’activité est réduite, mais nous nous réjouissons tout de même autour de quelques bières sans goût et pizzas sans sauce tomate. Nous sommes un peu tristes de nous séparer et laissons traîner la nuit, mais Clément doit partir pour l’aéroport le lendemain matin tôt, alors nous allons nous aussi nous reposer.

Nous sommes finalement tous debout pour prendre notre dernier petit déjeuner ensemble. Clément part pour l’aéroport. Nous terminons tranquillement notre petit déjeuner puis préparons nous aussi notre départ.

Il ne nous reste qu’une dizaine de jours au Brésil. Nous aurions bien aimé voir l’Amazonie, mais le trajet vers Manaus n’est pas très simple, de plus les transports dans cette immense ville en plein milieu de la jungle sont très aléatoires. Clément y est resté bloqué trois jours, et toutes les personnes rencontrées là-bas souffraient de délais, de quelques jours à plusieurs semaines, le temps peut s’avérer long à Manaus ! Nous ne voulons pas prendre le risque de manquer notre retour, nous avions alors penser aller tout au nord de l’état du Mato Grosso, près d’une ville appelée Alta Floresta où se trouve un hôtel très connu proposant des cabanes dans la forêt. En effet l’Amazonie recouvre une partie du Mato Grosso.

Mais plusieurs éléments nous font douter, tout d’abord le prix, ces loges sont réputées très chers, et Joël nous a dit que le prix du Pantanal est ridicule en comparaison. De plus Joël pense que nous ne verrons pas beaucoup d’animaux, ce que semble confirmer les commentaires sur Internet, qui recommandent de passer au moins une semaine pour bien profiter. Et puis nous sommes toujours en saisons des pluies, et une partie de la forêt est aussi inondée là-bas, attirant beaucoup de moustiques. Et pour finir, le coin semble particulièrement infesté de tiques…

Nous avions envoyé il y a quelques jours un email à l’hôtel pour avoir leur tarifs, car rien n’est indiqué sur le site Internet. Mais sans réponse, nous prenons le chemin de l’aéroport, et, un vol de la TAM plus tard, nous voilà à 17h30 sur le tarmac de l’aéroport international de São Paulo…

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