Petite balade à Chapada dos Guimarães

Fin mars 2012, du 22 au 25, nous passons quelques jours sur le plateau, Chapada en portugais, surplombant la plaine dans l’État du Mato Grosso au Brésil. La ville de Chapada dos Guimarães proche du parc national portant le même nom s’étant à 800 mètres d’altitude alors que la ville de Cuiabá, et le Pantanal, ne sont qu’à 100 ou 200 mètres au dessus du niveau de la mer.

Nous passons une bonne nuit dans l’hôtel Bom Jardim avec Clément et Rik. Le petit-déjeuner est copieux et varié, nous n’avons pas à nous plaindre. Passage éclair au supermarché pour acheter quelques choses à grignoter le midi, Rik lambine et se fait désiré, il se charge en eau de peur de mourir déshydraté pendant la balade. Il est docteur et connaît les dangers d’un manque d’eau, hallucinations, folie, et c’est très vite la fin. Nous pauvres inconscients ne partons qu’avec 3 litres pour nous deux, aucune chance de nous en sortir, enfin nous boirons son eau si jamais…

Nous avons une carte sommaire du coin, le plan de la petite ville et quelques lieux à voir dans les environs. Un sentier semble suivre le bord de la falaise pour se diriger vers une série de cascades, trilha do Matão. Des panneaux vus la veille nous laissent penser à la présence d’indications permettant de suivre ce chemin, nous prenons sa direction.

C’est vrai pendant les 10 premiers kilomètres, nous rencontrons plusieurs signes ; nous marchons tout d’abord sur une piste carrossable avant d’emprunter un petit sentier dans les sous-bois montant et descendant à couvert. C’est charmant et nous discutons beaucoup avec nos nouveaux copains, moi un peu devant avec Clément, plutôt sportifs, Céline un peu derrière avec Rik, plutôt pépères.

Mais ce fragile équilibre est brisé par le croisement d’une route goudronnée et la disparition d’indications. Nous tergiversons, notre carte est trop réduite pour trouver avec certitude notre position, d’autant qu’il est clairement indiqué qu’il ne devrait pas y avoir d’asphalte dans le coin. De très rares voitures passent mais ne peuvent nous renseigner, nous partons alors sur le bord de la route, espérant recroiser la suite de notre sentier.

Mais les kilomètres défilent, la chaleur augmente, nous nous lassons. Je pars devant avec Clément en éclaireurs. Nous ne trouvons que lacets sur lacets dans la dense forêt. Une demi-heure plus tard, Clément retourne en direction de Leeloo et Rik, je pars en courant pour avancer un peu, nous avons supposé une position sur la carte, je vais tenter de la confirmer.

La confirmation aura lieu quarante minutes plus tard avec le croisement de la route principale menant à la Chapada. Il fait plus de 30 degrés, la course sous le Soleil est difficile. Une fois au croisement, je décide de poursuivre un peu pour chercher un autre chemin menant aux cascades, je ne trouve qu’une vieille piste colonisée par des herbes hautes. Je ne sais trop si ce chemin est le bon, je préfère faire demi-tour, de peur de ne pouvoir retrouver le groupe après cette intersection. Il se sera bien écoulé une heure quand je les rejoindrai.

Mais je ne cours que 300 mètres avant de les trouver à bord de deux voitures, des travailleurs sur la base militaire voisine du sentier que nous avons suivi. Je saute dans une des voitures et nous décidons en un clin d’oeil de retourner en ville pour aviser. Nous n’y restons guère et un pão de queijo avalé nous reprenons le bus en direction de l’arrêt du voile de la marié, Veu da Novia, la cascade principale que nous voulions voir à la fin de notre sentier du Matão.

Nous saluons notre décision d’être revenus en ville, cela nous a coûté 4 reais de bus mais nous aurions dû marcher encore plusieurs kilomètres depuis le croisement. L’entrée du parc est gratuite, à 200 mètres de la route. La cascade est impressionnante, 86 mètres de haut, mais la vallée l’est plus encore, canyon de roches rouges recouvert de forêt, c’est superbe. Nous trouvons par la même occasion la fin de la randonnée que nous voulions faire le matin, mais impossible de l’emprunter dans l’autre sens, son accès est interdit sans un guide accompagnant. Nous marchandons un peu avec la fille qui surveille, rien n’y fait, même Rik le beau gosse n’y change rien. Nous tentons de contourner l’entrée pour ne pas qu’elle nous voit, mais le seul chemin nous amène aux bâtiments d’administration du Parc de la Chapada de Guimarães, sillonnés par de nombreux gardes, impossible de passer sans se faire repérer.

Renseignements pris, le parc est globalement inaccessible sans la présence d’un guide. C’est frustrant, d’autant plus que notre programme du lendemain se trouve compromis, nous voulions louer des vélos pour aller visiter la cité de pierre, mais elle est malheureusement fermée…

Nous retournons un peu penauds à l’arrêt de bus et en manquons un de justesse, flûte ! Nous allons devoir attendre une heure !

Impatient, le petit groupe se sépare alors pour tenter de rentrer en stop, je pars avec Céline vers le prochain arrêt de bus, Rik et Clément tentent leur chance à celui-ci.

Nous serons pris une demi-heure plus tard par un petit bus de gens revenant d’un mariage, bien joyeux et imbibés de Skol. L’ambiance est vite cassée quand nous devons stopper à proximité d’un accident, deux voitures se sont percutées de plein fouet, provoquant la mort de deux personnes. Les secours sont déjà sur place, le trafic est à l’arrêt. Nous descendons du bus pour prendre l’air en attendant que le trafic se rétablisse. Je vois Rik qui remonte la file de voiture, il est docteur et veut aller voir s’il peut être d’une quelconque aide.

Les voitures sont complètement défoncées, le choc a dû être d’une violence inouïe. C’est bien triste, mais nous n’en sommes malheureusement que peu surpris, lorsque nous marchions sur le bord de la route en faisant du stop, les voitures qui nous doublaient allaient extrêmement vite, bien plus que la vitesse raisonnable sur cette petite route.

Le trafic reprend doucement, nous remontons dans notre bus, un peu choqué par ce drame.

Nous finirons la soirée dans un petit restaurant tout proche de notre hôtel, proposant de la viande de jacaré, le caïman du coin. Sa chasse est interdite mais il est autorisé de l’élever pour la viande. Entre le poulet et le poisson, un peu élastique, ce n’est pas franchement bon ni franchement mauvais… Clément nous raconte sa vie sur une plate-forme de prospection pétrolière, ça a l’air fun.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :