Brasília contre la montre

Brasília, capitale du Brésil depuis le 21 avril 1960, ville sortie de terre pour symboliser le renouveau brésilien voulu par le président Kubitschek, moteur de ce changement. Il promettait 50 ans de progrès en 5, ses grands travaux ont lancé le pays dans le développement économique à grande échelle ; mais aussi vers la banqueroute qui conduira à une des périodes noires de l’histoire brésilienne. Nous visitons cette capitale musée en coup de vent entre 10 heures et 17 heures le jeudi 15 mars 2012, petite escale dans notre route vers l’Ouest.

Nous quittons Lençóis sous un beau Soleil, à 14 heures au lieu de 13 heures 15, après un nouveau jus de fruit au terminal de bus. Destination, Seabra, ville étape de la liaison Salvador – Goíana. Une heure trente de trajet. Notre retard ne nous inquiète pas trop car nous avons 1 heure 15 de correspondance avant de prendre le bus pour Brasília. De plus, ce dernier sera aussi retardé, il ne passera qu’à 17 heures 15 au lieu de 16 heures… Nous regrettons un peu la ponctualité argentine.

Il fait froid dans les bus brésiliens, encore plus la nuit, c’est d’autant plus frustrant quand on voit le thermomètre extérieur aux alentours de 30 degrés. La climatisation doit souffler de l’air à 18 degrés, il ne fait pas bon être sous la brise de l’air conditionné. Notre nuit n’est pas merveilleuse mais nous nous en contenterons pour cette journée à Brasília. Arrivée tardive dans la capitale, deux bonnes heures de retard.

Nous quittons la meilleure gare routière vue depuis notre arrivée au Brésil vers 10 heures. Le bus est arrivé à neuf heures passées, nous nous sommes fait vendre des tickets par le gars d’Ecatur pour Cuiaba, départ à 18 heures, puis passage au garde-bagage, 12 reais pour 8 heures et nos deux gros sacs, et finalement toilettes et marche jusqu’à la station de métro adjacente.

Métro très large, les voitures me semblent bien 20 ou 30 pour cent plus espacée que les françaises. Notre rame est construite par Alstom. Le terminal de bus n’est pas très loin du centre ville, juste au bout d’une des ailes de l’avion que dessine la ville de Brasília ; en 20 minutes nous sommes à la station centrale, terminal de notre ligne.

Nous quittons la station centrale pour nous diriger vers le coin des shoppings avec pour objectif de manger un bout. Un grand centre commercial tirant vers les galeries Lafayette attire notre attention, mais des multiples restaurants à l’étage restauration seul le Burger King nous paraîtra potable, rien de bien appétissant, donc. Vers 11 heures 30 nous commençons la visite de la ville à proprement parler par l’ascension de la tour de télé qui se trouve en plein centre ville. Elle possède une plate-forme à une quarantaine de mètres donnant une vue panoramique intéressante de la ville. Et cette vue est gratuite.

Le plan initial de la ville de Brasília possède la forme d’un avion. Un grand passage central formant le corps, débute, un peu comme le Mall de la capitale des États-Unis, par une succession de parc et de grand monuments, commençant par une statue célébrant le président Kubitschek, puis la station de transport centrale et enfin l’ensemble des bâtiments politiques. Les ailes s’étendent de part et d’autre de cette allée centrale composées de grands blocs identiques. Les premiers rassemblent les hôtels, puis les grands centres commerciaux, et enfin les résidences, toutes construites sur le même modèle.

La ville est spectaculaire dans son homogénéité, si beaucoup d’aspects furent très novateurs, il n’en reste pas moins un manque de clairvoyance sur l’avenir des transports. Ils crurent en effet dans une développement fort de la mobilité individuelle grâce aux automobiles, la ville n’inclut pas de métro initialement, les voitures étaient reines. Aujourd’hui la réalité est tout autre et les déplacement piétons ou vélo sont inexistants, les grandes avenues, immenses, accueillant jusqu’à 6 files de voitures, sans passage piétons, sans piste cyclable, gâche le plaisir de se promener. Même aujourd’hui le métro inauguré en 2001 ne fourni qu’un accès partiel aux différentes sections de la ville, il sert principalement aux localités adjacentes se rendant vers le centre ville.

La cathédrale, souvent symbole de l’architecte Oscar Niemeyer ayant conçut une bonne partie des bâtiments, offre un intérieur presque magique, grand espace sous un dôme courbé de couleur, simplicité de l’environnement et très grande luminosité.

Nous parcourons doucement l’allée centrale vers le sud-est, de la tour de télé vers les bâtiments du Congrès. Les architectures originales sont parfois superbes, parfois étranges. Le panorama de la ville n’en reste pas moins spectaculaire, l’ordre émanant de ces grands bâtiments le long de cet espace immense persiste dans son impression futuriste et simple. Une fois au bout, la pluie montre le bout de son nez, il est 15 heures.

Nous récupérons un bus qui nous reconduit vers la station centrale, nous visitons une dernière église impressionnante, large intérieur éclairé par un lustre phénoménal et un ensemble de vitraux bleutés. L’heure tourne et nous pressons le pas pour récupérer un petit quelque chose à grignoter puis sautons dans un métro pour rejoindre le terminal de bus. Nous mangeons nos calzones en attendant le départ de notre bus pour Cuiabá.

Courte journée dans cette étrange capitale, mais nous imaginons avoir perçu l’incroyable défi relevé par ces architectes de génies qui conçurent cette ville en un temps record, seule ville moderne inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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