Toujours à Lençóis de Bahia

Le 10 mars 2012 nous avons quitté Salvador de Bahia pour nous rendre dans la petite ville de Lençóis sur les bords du parc national Chapada Diamantina. Lençóis eut une courte période faste lors de la découverte de diamants dans ses profondeurs. La ville fut créée à cette occasion quand des milliers de prospecteurs affluèrent et recouvrirent la région de draps, lençóis en portugais, formant le toit de leur cabane. Malheureusement les gisements s’épuisèrent vite et la pauvreté revint rapidement hanter le village. Aujourd’hui la ville survit grâce au tourisme et un peu de plantation de café.


Lors de notre première matinée sur place, après un petit tour en ville, je retrouve sur le bord du lit un couteau qui n’est pas à nous.

Le couteau se trouve juste à côté du sac à dos de Leeloo. Je regarde plus attentivement, ce couteau, un simple couteau à dent de cuisine, a le bout de sa lame légèrement tordu. Il se trouve de plus au niveau du cadenas à clef fermant le sac à dos de Leeloo. Suspicieux, je vais regarder ma grosse sacoche principale, que je range dans mon sac à dos, et qui contient les affaires les plus précieuses, argent, passeport et tout le matériel électronique. Quand je ferme le cadenas à code de cette sacoche, j’expose toujours la même combinaison.

Elle a changé !

Sans hésitation, nous prévenons la personne de l’accueil que quelqu’un a tenté de fouiller dans nos sacs. La femme de ménage confirme que c’est bien elle qui a mis le couteau sur notre lit, mais qu’elle l’utilisait « pour nettoyer ». C’est extrêmement suspect car il et difficile à croire qu’elle puisse nettoyer quoi que ce soit avec un couteau, et de plus la chambre n’est pas faîte, les lits sont toujours défaits et le ménage non effectué ! Nous revenons dans la chambre pour aviser que faire. Mais nous n’avons guère de doute, le couteau au bout tordu juste à côté du cadenas, la combinaison changée, difficile de ne pas voir une tentative de vol.

Nous partons sur le champ, la patronne nous présente toutes ses excuses, nous affirme travailler avec cette employée depuis longtemps, connaître sa famille. L’homme de l’accueil à la voix sexy tente lui aussi de nous convaincre qu’il s’agit d’un malentendu, mais c’est peu crédible étant données les circonstances.

Lors de notre virée matinale, nous avions croisé une auberge que j’avais vu sur le site hostelworld.com avec de bons commentaires, nous nous y rendons. C’est un peu plus cher, 90 reais au lieu de 70 au Pouso da Trilha, mais nous avons pour ce prix une salle de bain privée. Notre chambre donne sur une cours intérieure arborée, c’est joli. Le Wifi marche à moitié, nous sommes assez loin de l’accueil, où se trouve le point d’accès. Tant pis, nous ne pouvons pas tout avoir !

Une fois installé, nous décidons de faire un tour dans les environs. La Chapada Diamantina est un grand parc, et comme souvent en Amérique du Sud, pour voir tous les points d’intérêts il faut un moyen de transport motorisé. Notre auberge propose des excursions entre les endroits les plus intéressants. La meilleure option serait de parcourir le parc à pied avec une tente, mais il faut une bonne semaine pour tout traverser. Nous pouvons camper un jour ou deux, mais nous avons trop de bagages et paradoxalement pas assez d’équipements pour du camping de longue durée, pas de réchaud, et pas vraiment la place d’emporter une semaine de nourriture.

Nous traversons la ville vers le Nord et la quittons sur les explications de quelques passants en direction des grottes de Lapão : « montez jusqu’au cimetière, puis sur la gauche, à cinq kilomètres ». Il fait très chaud, la route est peu ombragée, c’est dur. Nous avançons doucement pendant une heure trente, mais nous devons manquer l’embranchement et nous arrivons à une rivière indiquée sur notre carte qui nous prouve notre mauvaise route. En rebroussant chemin, nous cherchons ce fameux croisement qui doit nous amener à la grotte, nous trouvons finalement un petit sentier. Nous l’empruntons pendant environ une demi-heure, mais lorsque nos réserves d’eau s’épuisent, sous un Soleil toujours aussi fort, nous préférons revenir à Lençóis, par crainte de nous aventurer trop longtemps dans une mauvaise direction. Le sentier est en effet minuscule comparé au chemin carrossable que nous avons suivi par ailleurs, et d’autres petits sentiers le croisent de part et d’autre, difficile de s’y retrouver sans plus d’indications…

Pourquoi n’indiquent-ils pas avec plus de signes les points d’intérêts autour de leur village, c’est décourageant !

Nous retournons finalement à notre hôtel, il est aux alentours de 16 heures. Nous faisons quelques courses pour notre repas du soir et nous travaillons un peu sur le blog depuis la cuisine où le wifi marche bien mieux. Cette auberge, tenue par un argentin, ne lésine pas sur les extras, payants. Des serviettes de toilettes ? 3 reais pour les louer. Un check-out après 11h ? 10 reais. Une douche après le check-out ? 10 reais. Un check-in matinal ? 15 reais. Ce n’est pas malhonnête en soi, c’est au moins clairement marqué et sans doute permet d’éviter les abus, mais ça rend l’atmosphère un peu malsaine, avec l’impression que nos faits et gestes sont surveillés pour nous faire payer plus…

Mais l’anniversaire du patron, ce soir-là, est gratuit, et nous pouvons profiter d’un churrasco énorme. Nous avons déjà mangé et Leeloo ne peut plus rien avaler, mais j’accepte volontiers de me joindre un peu à la table dans le jardin à côté du barbecue. Un Brésilien ayant fait ses études à Lille et deux suisses allemands parlant français m’empêchent de perfectionner mon portugais, mais qu’importe !

Juste avant d’aller me coucher, il nous arrive une nouvelle catastrophe…

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