Arrivée à Lençóis de Bahia

À compter du 10 mars 2012, nous voilà de nouveau seuls tous les deux. Nous quittons la grande ville de Salvador pour rejoindre une minuscule à 400 kilomètres de là. Nous passons quelques jours au calme dans la petite ville de Lençóis, au centre de l’état de Bahia. Ce gros village de 10 000 habitants est une des portes du parc naturel Chapada Diamantina.

Le trajet de cinq heures selon le site Internet de Real Expresso, la compagnie de bus nous amenant à Lençóis, se terminera finalement en sept, la ponctualité des bus au Brésil ne vaut pas celle de l’Argentine. Nous arrivons à la petite gare routière la nuit tombée depuis bien longtemps. Nous avons toujours un petit peu d’aversion à nous déplacer la nuit dans une ville inconnue, mais ce n’est pas le cas dans Lençóis. Les allées le long de la rivière sont parcourues par de nombreux flâneurs. La ville est encore pleine de vie, le centre, de l’autre côté d’un petit pont, est rempli de monde. Toutes les rues semblent pavées, c’est charmant. Nous avançons et trouvons sans peine notre pousada, à quelques pas du centre.

Le gars de l’accueil est très gentil et vaguement sexy avec sa voix rocailleuse. Notre chambre n’est pas spectaculaire, trois lits une place dans une toute petite pièce, le plafond à plusieurs niveaux laisse imaginer une restructuration de cette ancienne maison pour ajouter des pièces supplémentaires. La salle de bain à l’extérieur n’est pas très moderne mais semble suffisamment récente et propre. Il n’est que huit heures, la foule au dehors nous incite à aller manger un petit quelque chose en ville.

Nous nous arrêtons à la première, et sans doute la seule, pizzeria et dégustons une grosse pizza à 30 reais pour deux accompagnée de deux jus de fruits, un de umbu et un de caja. Je n’ai fichtrement aucune idée de la tête de ces fruits, mais ce n’était pas mauvais. Nous nous demandons quand même s’ils n’ont pas rajouté du sucre, c’est suspecteusement doux. Nous écoutons un petit groupe jouer de la musique devant le restaurant, puis nous rentrons nous coucher dans notre pousada.

Queqlues fichus moustiques nous rendrons la nuit dure. Heureusement nous avons un anti-moustique puissant, nous devons en effet nous méfier de la dengue, il y a de nombreux cas au Brésil, surtout dans les zones tropicales, où nous nous trouvons.

Dimanche 11 mars 2012.

Réveil difficile, la nuit fut agitée, entre la personne de garde à l’accueil, le soir, écoutant du hard rock sur son téléphone, celle du matin se raclant la gorge toutes les 5 minutes et les touristes égarés cherchant une chambre à 5 heures du matin, nos réveils furent multiples. Je me lève très tôt, Leeloo se rendort. Le wifi n’est pas exceptionnel, je ne téléverse nos photos qu’à 12 ko/s, mais c’est mieux que rien. Nous avons beaucoup de retard sur l’envoie de celles-ci sur warly.org pour les sauvegarder. J’envoie en priorité les images redimensionnées pour le blog, elles sont toutes petites et passent souvent même avec une connexion de mauvaise qualité. Ensuite j’envoie les images JPEG de mon appareil et celui de Leeloo, c’est déjà un peu plus long mais normalement si je peux laisser le portable allumé dans la chambre pendant nos visites, c’est jouable. Pour terminer une fois tout cela fini, j’envoie les images brutes de Leeloo, mais nous n’avons quasiment jamais le temps de le faire, sauf à tomber pendant plusieurs jours avec une superbe connexion montante, ce n’est pas arrivé depuis longtemps, depuis Curitiba, et pour l’instant les dernières envoyées datent de début mars…

Au 11 mars nous avons accumulé 132 Go de photos, soit un peu moins de 2 Go par jour. Environ 6000 photos faites par Leeloo, et 3000 par moi. Cela reste tout à fait raisonnable, nous tournons à environ 130 photos par jour. Mais nous tentons de privilégier la qualité sur la quantité, car le travail de retouche et de de tri prend souvent beaucoup plus de temps. Il est plus rapide de tenter de cadrer correctement que de devoir le faire à posteriori sur un logiciel de retouche. De plus dans bien des situations je sais que le petit appareil que m’a très gentiment prêté Claude pour remplacé mon S80 cassé ne pourra tenir tête aux photos faites par Leeloo, notamment quand les contrastes sont trop forts ou en basse luminosité.

Le petit déjeuner commence à 7 heures 30, nous y sommes. La petite pousada possèdent deux chambres avec une salle de bain commune au rez-de-chaussée, et sans doute deux chambres avec salle de bain privée à l’étage. Une pièce non terminée jouxte l’accueil juste derrière notre chambre. Une très grande cuisine donne sur le jardin. Il ne doit jamais faire très froid par ici, la cuisine est complètement ouverte sur l’extérieur. Notre petit déjeuner est servie sur une grande table face au petit jardin, c’est sympathique.

La table unique comporte 6 couverts, des fruits, pastèques, bananes, des jus, trois gâteaux différents, et nous pouvons nous servir en café ou chocolat au lait. Nous aurons quelques pões de queijo pas assez cuits uniquement en fin de petit-déjeuner, nous sommes trop en avance, tant pis. Leeloo prend ensuite sa douche puis nous partons en reconnaissance dans la ville. Elle est déserte en ce dimanche matin. La ville est construite sur les rives pentues du Rio Lençóis. Elle monte sur les collines couvertes de forêt, petit enclave humide dans l’intérieur des terres, beaucoup plus sèches par ailleurs. Lors de notre trajet en bus, les champs étaient jaunis par le soleil, rempli uniquement de quelques arbres, de vaches maigres et de nombreux cactus.

Le centre ville se compose d’une poignée de rues, les maisons colorées, les pavés de terre rouge et les îlots de verdure sous le grand ciel bleu masquent les nombreuses maisons en travaux, les tas de tuiles ou de briques traînant au coin d’une rue. Certaines rues exposent directement la roche nue, simplement bétonnées par endroit pour égaliser un peu le sol. Nous traversons la rue des commerces, alternant restaurants, petit négoces, bars et magasins de fringues. Sur la place du village, au niveau du pont traversant le Rio Lençóis, nous flânons un peu dans un magasin d’articles de randonnée, Leeloo voudrait bien des sandales légères, je regarde un peu les chaussures car mes tennis New Balance sont vieillissantes. J’ai comptabilisé plus de 1600 kilomètres parcourus avec cette paire, c’est remarquable car souvent au delà de 1000 kilomètres mes chaussures sont bonnes pour la retraite. Je trouve aussi une carte du parc, malheureusement elle n’est qu’au 1/100 000, ce qui ne permet pas d’avoir une précision suffisante pour les randonnées, mais elle indique des choses à voir dans le parc entier. En France, l’IGN publie des cartes de l’ensemble du territoire au 1/25 000, elles sont chères mais extrêmement utiles pour les randonnées. C’est dommage que cela ne se fasse pas par ici…

Nous retournons paisiblement à notre pousada pour décider le programme de la journée. Mais quand je rentre dans la chambre, je trouve un couteau sur le bord du lit…

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