Salvador, souriez, vous êtes à Bahia

Salvador de Bahia. Troisième plus grande ville du pays, huitième agglomération avec plus de 4 millions d’habitant, Salvador de Bahia est la seconde ville la plus touristique du Brésil après Rio. Très ancienne ville, importante dès la colonisation portugaise de part sa position plus au nord, Salvador est connue pour son carnaval de rue, le plus grand du monde, mais aussi pour sa cuisine, sa joie de vivre et ses multiples plages. C’est aussi malheureusement une des villes les plus dangereuses du Brésil, et plus d’une fois, lors de notre passage du 6 au 10 mars 2012, des locaux nous ont déconseillé des quartiers, « perigoso ».

Notre trajet en avion depuis Iguaçu se passe sans encombre, la correspondance à São Paulo ne nous permet pas vraiment de chômer, mais le transfert se fait bien et nous redécollons à l’heure pour atterrir finalement à 19 heures à l’aéroport international de Salvador de Bahia. Le service à bord des avions de la compagnie Gol est à peine plus élaboré que celui de la compagnie Webjet, nous avons droit à un petit paquet de cacahuètes et une boisson, pas très folichon.

Le centre ville de Salvador, notre destination, se trouve à 32 kilomètres, une heure trente de bus. Un taxi nous propose ses services et prétend rejoindre le centre en 35 minutes pour moins de 80 reais. Nous le croyons et cédons à ce petit confort. Le conducteur ne parle pas trop, son allure un peu détachée est suspecte. Tellement d’histoires circulent sur les taxis arnaqueurs que nous restons sur nos gardes, suivant les panneaux pour détecter d’éventuels détours. Nous sommes d’ailleurs surpris que le taxi nous demande si nous avons un plan pour indiquer notre route. C’est une rue du centre ville, le gars nous a dit avoir toujours habité ici, c’est étrange, tente-t-il de faire croire qu’il va se perdre ?

Il est 21 heures passées pourtant le trafic est encore chargé. Les 35 minutes annoncées passent et le centre est toujours indiqué à 20 kilomètres, le compteur est déjà à 50 reais. Notre chauffeur explique que la semaine précédente le trafic était encore plus compliqué à cause de manifestation sur la voie suite au décès d’un jeune. Quand nous demandons l’origine de sa mort, il ne répond pas, puis, quelques secondes plus tard, se contente de répéter « il y a beaucoup de violence ici, beaucoup de violence… ». Hyper rassurés, nous regardons timidement défiler les grands immeubles et les maisons en mauvais état sur le bord de la route…

La nuit tombe à 18 heures par ici, autant dire que c’est la nuit noire à 21 heures. Nous arrivons près du centre et le taxi quitte la voie indiquant le centre à 15 kilomètres. Inquiets, nous lui faisons remarqué mais il prétend connaître un raccourci… Que faire ? Nous n’avons guère le choix, rester ici au milieu de grande voies rapides serait sans doute une solution bien pire… 70 reais, si nous sommes encore à 15 kilomètres nous dépasserons obligatoirement les 80 reais promis…

« Si c’est là où je pense, ça ne me plaît pas beaucoup », ajoute le chauffeur… Nous avançons encore une minute ou deux, puis subitement nous voilà dans notre rue ! Il connaissait vraiment un raccourci ou alors nous avons été téléportés 15 kilomètres plus loin. La rue n’inspire pas confiance, de vieux immeubles délabrés des deux côtés, des gars patibulaires qui traînent sur le trottoirs…

Une centaine de mètre et le taxi s’arrête, Love do Pelô, notre hôtel. « Vous avez une réservation, vous êtes obligés de venir ? » relance le taxi. Bon ça va, ils nous a bien filé les jetons, mais nous n’allons pas partir à la découverte de Salvador ce soir, nous déchargeons tous nos bagages dans le long couloir d’entrée de l’hôtel, qui n’a qu’une porte vitrée donnant sur la rue. La course nous coûte 73 reais, mis à part le trajet un peu plus long, le gars était honnête…

Bienvenue à Salvador !

L’ordinateur de notre hôtel ayant un « virus », notre réservation n’est pas arrivé, nous n’étions pas attendu. Heureusement il y a quand même deux chambres de libres. Nous devons monter un petit escalier à ciel ouvert avant de nous trouver dans les couloirs menant aux chambres. Il ne doit jamais faire bien froid pour que tout reste ouvert sur l’extérieur. Nos quartiers ne sont pas très grand, un matelas à peine posé sur un lit construit en béton, drôles de coussins en plastique, salle de bain sans porte… Nous nous demandons bien où nous sommes tombés…

Une bonne nuit de sommeil, le jour levé et un petit déjeuner servi dans les chambres par la patronne nous redonne un peu le moral. Le patron et la patronne sont d’une gentillesse incroyable, même un peu trop avenant en cherchant absolument à tout nous expliquer. Nous avons du mal à nous en dépatouiller, mais nous partons finalement vers 8h30 pour la visite du centre ville historique.

Nous visitons cette fois-ci notre rue de jour, c’est déjà beaucoup plus vivant ! De multiples petites boutiques sont ouvertes, de fringues, de fruits et légumes, mais on ressent tout de même la vétusté des bâtiments. Nous trouvons la rue qui mène au centre. Notre hôtel est vraiment à 70 mètres du Pelourinho, le vieux quartier de Salvador, comme l’indiquait l’annonce. Il se trouve cependant dans la « ville basse » qui entoure la « ville haute » ou se trouve les vielles rues restaurées de Santiago. Nous devons donc prendre une rue très pentue pour rejoindre le Pelourinho. Le vieux Salvador est charmant, en bon état, alternant les petits immeubles colorés, quelques églises, de grandes places. Les rues sont toutes pavées, et de nombreux touristes s’y promènent, c’est vraiment incroyable la différence entre deux rues !

Cette ville haute est toute petite, et en moins de deux heures nous en avons fait le tour. Nous avons visité le monastère de São Francisco, construit au début du 18ème siècle et dont l’intérieur de l’église est intégralement recouvert d’or, ça pique les yeux et c’est un peu ostentatoire pour une église à la gloire de saint François d’Assises qui a fait vœux de pauvreté… Le cloître est recouvert d’azuléjos portugais dépeignant de multiples proverbes de morale. Ils sont remarquablement bien conservés pour des carreaux en céramique réalisés au Portugal en 1743.

Pour rejoindre la ville basse du côté du port, nous empruntons un immense ascenceur. J’ai bien tenté de prendre un chemin à pied mais un policier m’a dit : « don’t go there, it is dangerous ». OK, bon ben on va prendre l’ascenceur alors. Celui-ci, l’Elevador Lacerda, contruit initialement en 1873, puis restauré avec un look Art Deco en 1930, fait transiter plus de 30 000 personnes par jours sur les 72 mètres de hauteur séparant la ville basse de la ville haute. C’est beaucoup mais le tarif est modique, 15 centimes de reais, 7 centimes d’euros, et les chemins piétons sont déconseillés.

Au bas de l’ascenceur se trouve le Mercado Modelo, un ancien bâtiment des douanes désormais rempli de boutiques pour touriste. Je me fais au passage avoir de deux reais, un euro, par une mama et leur truc ancestral pour récupérer de l’argent. Elles viennent et vous prennent par la main, commencent à vous faire répêter des trucs comme, Paix, Joie, Bonheur, puis après tout ça vous dise que ça sera deux reais. Mais il faut se méfier parce que si on ne les renvoie pas balader tout de suite, elle cherche ensuite à voir si vous n’auriez pas un billet de 10 ou plus. Un bon conseil, regardez les méchamment en prononçant un NON vigoureux !

L’heure tourne, les appétits se réveillent et nous reprenons l’ascenceur pour trouver un restaurant en ville haute. Le Jardim das Delicias recommandé par notre guide est fermé, mais le Sorriso da Dadá, aussi indiqué, nous ouvre ses portes. Le repas est très bon, nous prenons deux plats de Moquecas, sorte de ragoût, un au poisson et un aux crevettes.

Pour l’après-midi, nous descendons une fois de plus avec l’ascenceur pour prendre un bâteau nous emmenant sur l’île d’Itaparica, la plus grande de la baie de Todos los Santos. Le bâteau nous emmène pour 4 reais, deux euros, en quarante minutes sur cette île en face de Salvador. Le panorama sur la ville est joli, mais la mer et le ciel bleu y sont pour beaucoup, la ligne d’immeubles de Salvador n’a rien d’extraordinaire.

Nous sommes déçu par notre petite balade sur l’île, elle est très sale est les plages sont couvertes de détritus, bouteilles, papiers… Cela ne nous donne vraiment pas envie, et dès notre bière dans un coin un peu plus propre terminée, nous reprenons le bâteau en direction de Salvador. De plus il est déjà 17 heures et nous ne voulons pas retourner dans notre hôtel la nuit tombée. Et par ici, il fait nuit dès 18 heures !

Sur le chemin de l’hôtel de gros nuages commencent à se déverser sur la ville, nous sortons tous imperméables et pancho car en quelques minutes nous serions complètement trempés. Nous arrivons à l’hôtel, le couloir sans plafond entre l’accueil et les chambres est glissant, il pleut à grosses gouttes sur le sol, surprenant… La pluie durera toute la nuit, résonnant sur les toits en tôles environnant.

Nous n’avons ce soir pas plus de draps qu’hier, le virus n’est peut-être pour rien dans leur désorganisation… Nous le signalons à la femme de ménage mais ne vérifions pas, et au moment d’aller au lit, nous nous apercevons que nous n’avons qu’un seul drap… Le matelas n’étant pas très propre, nous préférons l’utiliser comme drap du dessous. Mais comme j’ai toujours un peu peur d’avoir froid la nuit, et qu’il est tard, j’utilise ma serviette de bain comme drap du dessus.

Oh la la ! C’est affreux ici…

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :