Les chutes d’Iguaçu – Brésil

Foz de Iguaçu, ville dortoir pour les visites des immenses chutes d’eau à la limite entre le Brésil et l’Argentine. Iguassu en Guarani signifie « grandes eaux », et de l’eau, il y en a ! En effet ces chutes d’eau, avec un volume trois fois supérieur aux Chutes du Niagara, deux fois plus hautes avec des falaises de 80 mètres de haut et trois fois plus larges avec 275 cascades étalées sur 3 kilomètres de front, constituent une des merveilles naturelles d’Amérique du Sud à ne pas manquer. Entourées de parc nationaux en Argentine et au Brésil, elles sont complètement préservées de la civilisation et se fondent dans l’un des plus grand morceau survivant de forêt atlantique. Nous arrivons à Foz de Iguaçu en avion le 3 mars à 21 heures pour repartir le 6 à 16 heures, 3 petits jours dans ce garguantuesque paysage…

Nous sortons de l’avion à 23 heures pétantes. Je suis encore tout endormi. Nous descendons directement sur la piste du petit aéroport, pourtant international, de Foz de Iguaçu. Un taxi envoyé par notre hôtel nous récupère et en moins d’un quart d’heure et 40 reais nous y sommes. Nous ne tergiversons guère et rejoignons nos quartiers pour une nuit un peu courte.

Dimanche 4 mars 2012, nous nous goinfrons au petit déjeuner dont le buffet est bien fourni, pastèques, mamaõe, melon, gâteaux, jambon, pseudo-fromage, pão de queijo… 9 heures, départ pour le parc d’Iguaçu côté brésilien. L’hôtel propose le trajet pour 30 reais par personne l’aller-retour, ce n’est pas donné car notre retour de l’aéroport, à peine plus près que le parc, était facturé 40 reais pour nous 4. Mais nous cédons à cette facilité nous permettant un départ direct de l’hôtel. En moins de trente minutes nous sommes dans la longue file d’attente pour acheter les billets d’entrée.

La file avance vite, 13 caisses sont allouées à la distribution des tickets d’entrée. Les chutes à proprement parler sont encore à 10 kilomètres mais le ticket donne accès à des bus qui font des allers-retours. Plusieurs arrêts avant les chutes permettent de faire des activités, voitures dans la forêt, tours en bateaux en-dessus ou en-dessous des chutes, etc. Pour l’instant, nous n’y prêtons garde, ce qui nous intéresse, c’est d’aller jusqu’aux cataractes.

L’avant-dernier arrêt est le bon, celui du seul hôtel construit dans le parc (300 euros la nuit), mais aussi le début du sentier brésilien pour observer les chutes. L’hôtel est kitsch et peint en rose, mais dormir avec le bruit des cascades est sans doute enivrant. Nous nous engouffrons, avide, dans le petit sentier.

Première vision sur les chutes, nous sommes loin, c’est joli mais à peine impressionnant : un barrière de cascades l’autre côté de la rivière se compose de dizaines de chutes.

Le chemin est construit avec des passerelles pour guider les touristes, pas questions de faire de la randonnée sauvage, tout le monde doit suivre le même passage. En conséquence, les passerelles sont très chargées et il faut souvent attendre de nombreuses minutes aux endroits propices pour les photographies. Nous marchons près de deux heures en remontant le fleuve Iguaçu pour nous rapprocher de la cascade la plus importante, « Garganta do Diablo », la gorge du Diable, le clou du spectacle. Une dernière passerelle permet d’avancer directement sur les eaux pour observer de plus près certaines chutes. C’est significativement humide mais petit à petit de plus en plus impressionnant. On voit flotter au loin le drapeau argentin de l’autre côté du fleuve, toujours aussi orgueilleux ces argentins.

Nos yeux et nos oreilles rassasiés, nous remontons au niveau des habitations pour manger un bout. Des coatis, sorte de gros ratons-laveurs, squattent le coin et tourne-virent autour des touristes à la recherche de nourriture. Ils sont passablement agressifs. Il est bien sûr interdit de nourir les animaux, mais c’est tellement tentant pour prendre une joli photo alors pas grand monde ne respecte cette règle. Notre repas terminé, il est encore tôt et nous envisageons de faire un petit tour dans la forêt pour tenter de voir des oiseaux ou d’autres petits animaux du coin.

Mais non ! C’est impossible ! Il n’existe aucun chemin libre dans le parc, le seul accessible est celui longeant les chutes. Pour tout autre déplacement, il faut payer ! C’est gonflé, nous sommes dans une réserve naturelle, dont nous avons payé l’entrée, et on ne peut même pas se promener sur les sentiers ! Le sentier le moins cher est à 110 reais ! Plus de 50 euros par personne, c’est du vol. Pour le coup les brésiliens n’ont rien à envier aux argentins dans l’exagération du plumage de touristes à outrance ! C’est vraiment de l’abus et cela ne nous donne qu’une envie, partir d’ici…

Voleurs.

Nous récupérons un bus qui nous dirige vers la sortie. Nous avions convenu avec notre hôtel de rentrer à 17 heures, il nous reste deux heures devant nous. Tout proche de l’entrée du parc naturel se trouve un parc aux oiseaux, une sorte de zoo consacré aux descendants des dinosaures. Nous nous renseignons sur les prix, gardant en tête les 4 euros du zoo de Santiago, qui nous avait plu.

14 euros !

Bon, réflexion faîte, cela reste un prix raisonnable, comparé aux alternatives s’offrant à nous, nous décidons donc de faire la visite. Les première cages nous montrent plusieurs espèces de perruches, un peu comme au mini-zoo, gratuit, de Curitiba. Des flamands roses, des ibis rouges, les préférés de Leeloo. Nous avançons, rien d’exceptionnel. D’autres cages, d’autres oiseaux…

Oh, une cage avec un sas d’entrée, comme à Santiago ! Nous pouvons nous rendre à l’intérieur, cool. Génial, plein d’oiseaux qui volent autour de nous. Oh, un toucan ! Fichtre, il est juste à côté de nous ! Nous restons un bon moment dans la cage, émerveillés de tous ces oiseaux qui nous tournent autour. Les toucans ne sont pas du tout sauvages, ils n’ont pas peur de venir goûter nos habits avec leur petite langue dans leur grand bec !

Certains toucans ont un bec tellement jaune et grand qu’il est presque difficile de le croire vrai ! Nous continuons notre promenade, quittant la cage pour voir d’autres cages un peu moins intéressantes, quelques serpents, mais ils dorment profondément dans le fond de leur cage. La cage des aigles est aussi bien monotone, mais heureusement nous avons accès à une nouvelle volière géante, cette fois-ci comprenant des ibis, des canards, mais aussi encore de plus nombreux toucans. Ils sautent de barrière en barrière vers les gens, sans doute sont-ils habitués à recevoir de la nourriture, ou alors simplement curieux, et pas du tout peureux !

Leeloo aime beaucoup les ibis rouge, ces oiseaux au grand bec recourbé, qui a force de manger des petits crustacés deviennent tout rouge alors qu’ils sont gris naturellement (comme quoi manger de la carotte peut sans doute faire les fesses oranges). Alors qu’elle se positionne pour prendre des photos d’un ibis, un toucan saute juste à côté d’elle et vient lui pincer le coude, genre « et moi alors, tu me prends pas en photo ! ».

Émerveillés, nous continuons notre tour, mais l’heure tourne et nous avons rendez-vous à 17 heures avec notre taxi. Nous forçons un peu le pas, c’est bien dommage il y a tellement de chose à voir. Nous devons même écourter notre passage dans la volière des colibris et des papillons pour aller voir celle des Aras. Un cage remplie de perroquets multicolores ! C’est superbe, pas tellement pour les oreilles, ces volatiles hurlent avec des cris rauques absolument insuportables, mais ils sont pardonnés par leur plumage époustouflant, bleu, jaune, rouge, vert…

Quelques minutes et des centaines de photos plus tard, nous nous dirigeons vers la sortie. Avec Leeloo nous retournons en vitesse faire un passage chez les colibris, ces petits oiseaux sont formidables, les voir voler juste devant nous, à quelques centimètres pour butiner une fleur, c’est captivant. Mais il nous faut partir, il est presque 17 heures. Nous retrouvons cette fois-ci un petit fourgon de l’hôtel qui nous reconduit.

Bilan de la journée, superbe vue des chutes du côté brésilien, mais un peu déçu par leur politique tarifaire et la marchandisation à outrance de leur richesse naturelle, qui, tout compte fait, n’est pas plus à nous qu’à eux, l’homme n’étant pour rien dans cette machinerie incroyable. Nous ne sommes par contre absolument pas déçus par le parc des oiseaux, c’est à faire absolument, tous ces oiseaux dans les immenses cages entre les sentiers au milieu de la fôret tropicale, c’est inoubliable.

Nous profitons du micro-onde mis à disposition par l’hôtel pour manger un plat de lasagnes surgelées acheté au supermarché du coin, à seulement trois blocs de là. En retournant dans notre chambre, Leeloo hurle à la vue d’une immense blatte sur la porte de la salle de bain. C’est vrai qu’elle est impressionnante, elle doit bien faire dans les 7 centimètres, le double de la blatte la plus grosse que j’ai pu voir en France, ça nous apprendra à laisser la fenêtre de la salle de bain ouverte !

Deuxième nuit dans notre chambre Iguacienne sous le ronronnement de la clim, à 27 degrès, pour ne pas avoir trop froid. On s’habitue vite à la chaleur…

Lundi 5 mars 2012, je t’aime, Leeloo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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