Rio de Janeiro, Cidade Maravilhosa

Rio de Janeiro, deuxième ville du Brésil, immense ville tropicale de plus de 6 millions de Cariocas au coeur d’une aire urbaine dépassant les 12 millions d’individus enchevêtrés entre mer, forêt et montagnes. Connue pour le Carnaval, ses plages, ses richesses mais aussi sa pauvreté. 20 pour cent de la population vit dans des favelas, ces maisons de briques et de brocs s’étendent parfois sur des kilomètres, partout où les immeubles ne poussent pas.

Nous devons rester dans cette grosse pierre précieuse, « la ville merveilleuse », comme l’appellent ses habitants, 4 jours, du 25  au 29 février 2012, accueillant parmi nous les parents de Leeloo à partir du dimanche 26 février, date où nous ajoutons une heure aux horloges pour nous retrouver avec 4 heures de différence avec la France, comme en Argentine.

Le trajet depuis Curitiba se fait essentiellement de nuit. Le bus Penha parcourt les 1000 kilomètres entre les deux villes en 12h30, trois quarts d’heure de moins que prévu. Pourtant le bus a fait de multiples arrêts, à 23h, 3h du matin et 6h. Nous avions choisi le confort de base, seulement 130 reais par personne contre 200 pour la classe ‘leito’, ou lit, qui correspond au niveau ‘cama’ argentin. 33 euros pour le supplément lit c’est un peu cher, cela ne se payait que 15 euros en Argentine, et puis les sièges de notre bus Penha en prix de base sont tout de même larges et s’inclinent suffisamment. Nous ne bénéficions toutefois d’aucun services, pas de petite couverture ni de coussin, pas de plateau repas comme dans nos trajets avec Andesmar…

Depuis le terminal de bus de Rio, nous trouvons assez facilement un bus qui part pour Copacabana. La conduite est sportive ! Ça chavire dans tous les sens ! Nous sommes un peu en avance à l’appartement que nous louons, mais heureusement la gérante arrive elle aussi tôt avec une femme de ménage. Nous nous arrangeons pour laisser nos affaires pendant le ménage et partons faire un premier tour dans les environs. La plage de Copacabana est bondée, nous voyons certains paysages de carte postale, le Pain de Sucre au Nord de la plage.

Nous sommes tout en bas de Copacabana, nous marchons un peu puis, ressentant la fatigue de notre voyage, nous achetons quelques pao de queijo avant de rentrer à l’appartement pour faire la sieste et nous remettre de notre trajet.

Dimanche 26 février 2012, réveil dans Rio, le ciel est bleu. Les parents de Leeloo arrivent ce soir à 18h30 à l’aéroport international. Nous voulons préparer une partie de notre trajet pour les deux semaines à venir. Ils ne sont avec nous que 15 jours. Pour optimiser un peu le planning c’est mieux de s’y prendre un peu à l’avance, on improvise moins avec un agenda serré, et à 4 au lieu de 2.

Internet sur Guy est un peu frustrant.

L’agenda débroussaillé, nous partons en direction d’Ipanema, la plage dans le prolongement de Copacabana, à l’ouest. Nous voulons éviter les ennuis en tentant de nous fonder dans la foule. Je ne prends pas mon sac à dos de trail Quechua, ni mon chapeau de touriste, je transforme mon pantalon en short et je mets mes lunettes de Soleil. Leeloo s’habille avec le strict minimum pour cacher sa féminité (elle met un short !). Je prends son gros sac sur moi, nous laissons tous nos papiers et n’emportons que quelques reais avec nous.

Les plages sont bondées ! La plage est un tapis coloré de parasols, avec une prédominance de rouge. Contrairement à l’Argentine, il y a beaucoup de noirs au Brésil. String pour les nanas, de tout âge, et body-building pour les hommes sont la référence, nous nous sentons tout frêles face à cet amoncellement de formes, de muscles, de chairs.

Ipanema est bien aussi longue que Copacabana, et se poursuit par Leblon. De nombreux monts couverts de mata atlantica sont visibles à l’horizon. Pour rejoindre la lagune au nord d’Ipanema, nous coupons un peu au hazard. Suite à un malentendu, je n’ai pas pris la carte adéquate du coin, simplement une vue sommaire de Rio nous empêchant de nous situer clairement.

Petite dispute passée, nous décidons de faire le tour de la lagune. Mais nous n’avons pas beaucoup d’eau et rien à manger, de plus Leeloo commence à sentir son appétit monter et elle ne veut pas faire demi-tour…

La lagune est très jolie, et comme le disent les guides, les immeubles moches n’arrivent pas à enlaidir le paysage de cette étendu d’eau salée, entourée de mornes verts, et surplombée par le Christ (qui nous montre ses fesses, vu d’ici).

La lagune était d’eau douce par le passé, mais les invasions de moustiques ont poussés les habitants à construire un canal avec l’océan pour empêcher leur prolifération.

Aux environs du jardin Botanique, désespérés et par peur du courroux de ma Belle, j’aborde la première vielle promenant son caniche du coin, pariant pour une habitante de ce coin riche du bled. C’est gagné et elle nous indique le supermarché le plus cher du quartier, ou une baguette de pain, un peu de fromage pas très bon et une tablette de chocolat nous coûte bien 10 ou 12 euros.

Nous nous installons sur un bout d’herbe verte en face de la lagune, nos fesses n’ont pas un confort rêvé mais nos yeux sont heureux. Cet encas revivifiant assimilé, du moins en partie, nous nous élançons de nouveau le long de la piste cyclable faisant le tour de la lagune, croisant bogosse et bonasse pavanant leur corps plus, ou moins, de rêve sous un Soleil de plomb.

Nous ne pouvons nous défaire de cette vue, estimant même le prix probable du mètre carré dans le coin, rêvant d’un pied à terre carioco… L’heure tourne. nous accélérons le pas ; de retour à l’appartement, nous préparons notre aller à l’aéroport en bus. Normalement dans Rio existent les bus Frescãos qui passent avenue Atlantica, l’avenue longeant Copacabana. Nous chercons le bus 2018. Malheureusement, cette avenue est fermée à la circulation le dimanche ! Nous cherchons alors un itinéraire alternatif.

C’est le moment choisi par Guy pour faire un caprice, pour planter à répétition et nous empêcher d’avoir toutes les informations de notre périple. Ne pouvant plus attendre, nous partons avec des bribes de numéros de bus et autres correspondances. Mais, grâce au portuguais de Leeloo et la gentillesse des Carioca, nous arrivons à trouver l’arrêt au milieu d’une avenue glauque, traverser cette même avenue pour tomber sur le bon bus en direction de l’aéroport, et descendre au bon endroit.

Comme tout bon aéroport, l’aéroport international Galeon de Rio de Janeiro est un véritable labyrinthe. Mais, une fois de plus, grâce à l’assistance de nombreuses personnes y travaillant, nous trouvons finalement la sortie 4 des arrivées internationales. Dans l’attente de la sortie des parents de Leeloo, sans doute eux-aussi dans les méandres du débarquement, je parcours l’aéroport en quête d’information sur les voitures de locations ou les tickets d’avion pour Iguaçu.

Je trouve au passage ce fameux bus 2018 qui nous permet, avec les parents de Leeloo, de rentrer sans encombre, en une petite heure, dans notre appartement rue Nossa Senhora de Copacabana…

Grâce au petit tournevis cruciforme apporté par Philippe, je casse définitivement mon appareil photo Canon S80, puis je me couche la peur au ventre face à un futur incertain (et fauve).

Lundi 27 février 2012, a fresh new start!

Tout notre petit monde se réveille bien tôt, décalage horaire oblige. Bon petit déjeuner, recherche du bus pour aller jusqu’au départ du funiculaire pour monter au Corcovado, le fameux Christ dominant Rio depuis 1931. Notre trajet en bus nous permet de traverser plusieurs quartiers de Rio, alternant vue sur les favelas et les immeubles haut de gamme. Les bus de Rio envoient pas mal, tournent et virent sans ménage, il faut bien s’accrocher !

Nous voulions arriver tôt au départ, mais tergiversations diverses et aléas routier ne nous y déposent qu’à 10h20, la foule est déjà là ! Avec Leeloo nous avions presque oublié les touristes, n’ayant pas visité de grandes attractions depuis quelques temps. Nous n’avons un départ qu’à 11 heures, mais nous nous faufilons discrètement dans le départ précédent, à 10h40. Presque 4 kilomètres d’une montée dans la Mata Atlantica, quelques marches d’escaliers et nous voilà aux pieds de l’immense Christ Rédempteur de 30 mètres de haut sur sa base de 8 mètres. La vue panoramique sur Rio est superbe, immense ville parsemée de collines et de monts, alternances de favelas, de maisons, d’immeubles. Nous voyons clairement la lagune visitée la veille, juste en dessous de nous.

Séance photo à gogo puis nous reprenons notre petit train. En attendant la descente nous voyons trois singes venus chercher quelques bouts de banane joyeusement donnés par la foule. Par chance nous trouvons rapidement un bus pour le centre ville. Il y a des dizaines de bus dans Rio, aux destinations multiples, aux prix variables, c’est impossible de s’y retrouver sans l’aide des receveurs des bus. En effet chaque bus possède son conducteur et un receveur encaissant le prix de la course et permettant aux passagers de passer par le portillon contrôlant l’accès. De plus ce portillon est assez étroit, ce qui explique le faible taux d’obèses dans la ville. En effet, si les gens sont trop gros, ils ne peuvent plus prendre le bus, doivent marcher et maigrissent, c’est un système intelligent et fonctionnel.

Nous descendons place du XV Novembre, place centrale de Rio. Elle n’a toutefois de centrale que le nom car elle se trouve en bordure de la baie, face à l’arrivée des ferry. La place est partiellement gâchée par l’autoroute urbaine qui la surplombe. Petit tour de la place, nous visitons le palais de l’assemblée législative, joli de dehors mais aussi de dedans.

Nous restons bouche bée devant les intérieurs extrêmement chargés des deux églises côtes à côtes de la Praça XV. Les photos parleront d’elles-même mais ça pique les yeux ! L’heure tourne et l’appétit arrivant, nous rentrons dans un self service qui vend la nourriture au kilo. On se sert, puis on pèse l’assiette à la fin !  Puis nous avançons jusqu’à l’église São Bento, la plus vielle de Rio, accolée à un monastère du même nom, tout au Nord du centre. Le monastère est en hauteur et il est à parier qu’il donne directement sur la baie. Avec une position aussi exceptionnelle, nous comprenons que les moines soient tout de même rester dans le vacarme du centre ville.

L’église ne paye pas de mine vue de l’extérieur mais l’intérieur est encore plus époustouflant que les précédentes. Il est intégralement composé de bois sculpté, c’est presque écœurant comme un immense gâteau au chocolat devant nos yeux.

Nous voudrions faire un tour dans le quartier de Santa Teresa, nous faisons alors demi-tour au monastère pour retourner vers le centre. Nous passons devant le bâtiment que j’ai trouvé le plus spectaculaire, la Real Gabinete Portugues de Leitura, une bibliothèque un peu à l’ouest du centre dont l’intérieur est époustouflant. Une immense pièce centrale ouverte permet de voir deux ou trois étages de murs entièrement tapissés de livres, c’est à couper le souffle. On se croirait dans un Harry Potter !

La cathédrale métropolitaine nous laisse une impression moins grandiose, plus une interrogation devant cette pyramide de béton dédiée au culte, une fourmilière géante au milieu des immeubles imposants des grands groupes brésilien.

Le tram permettant d’aller à Santa Teresa ne fonctionne pas. La fatigue se fait sentir, le Soleil périclite, nous décidons alors de tenter une autre expérience pour la journée, le retour en métro. Rio ne possède que deux lignes, l’une d’elle passe tout proche de notre hôtel, nous payons donc le cher ticket à 3.1 reais pour retourner vers notre nid.

Petit détour par la plage et notre deuxième journée à Rio s’achève doucement.

Internet ne marche plus à l’appartement, nous ne pouvons pas réserver nos billets d’avions pour Iguaçu, cela trouble notre sommeil.

Mardi 28 février 2012, le dieu du net a entendu nos prière et nous nous lançons aveuglément sur les autoroutes de l’information, mais nous avons la pénible surprise de découvrir le CPF, ce numéro fiscal unique attribué par l’administration brésilienne pour tout résident voulant effectuer des achats importants, comme des billets d’avion sur Internet pour la compagnie à bas-coût Webjet.

Impossible donc, pour nous pauvres touristes, d’acheter un billet d’avion sur Internet, nous devrons nous rendre physiquement au guichet de Webjet à l’aéroport…

Nous pestons allègrement sur cette ignominie administrative et partons récupérer le bus 124 qui nous emmène au Jardin Botanique de Rio, prétendument l’un des plus beaux au monde.

Quelques embouteillages ralentissent notre avancée, mais rien de méchant et nous entrons pour 6 reais dans le jardin vers 9h45. Nous n’avions que sommairement visité celui de Buenos Aires, nous pouvons donc difficilement comparer, mais il faut avouer que le jardin est spacieux et de nombreux arbres immenses, spectaculaires ou curieux parsèment les 85 hectares couverts par le jardin.

Nous n’avons pas la chance de voir de petit singes, mais nous en avons aperçu la veille au Corcovado. Retour vers Copacabana, nous trouvons un bus sans problème. Nous descendons simplement un peu trop tôt avant d’arriver chez Marius Carne, la meilleure Churasqueria de Rio, et sans doute la plus chère aussi. À 60 euros par personne il faut y aller avec un gros appétit.

Nous nous explosons la panse avec le buffet à volonté de salades, de carpaccio de saumon, d’huîtres, de sashimis, et bien sûr de succulents morceaux de viandes. Nous sommes moins assailli par le personnel que dans la Churasqueria de Curritiba, mais en contre-partie nous avons un choix plus restreint de morceaux. Nous considérons tout de même en avoir pour notre argent, même si l’eau minérale est hors de prix, et même si le buffet de dessert n’est PAS compris dans le prix.

Voleurs.

Tout de même violemment repus, nous prenons deux trois photos de fessiers bronzés sur la place et nous partons en taxi vers le Pain de Sucre, Pão de Açucar, notre activité prévue cette après-midi. Le taxi nous dépose au pied du téléphérique pour 15 reais, c’est plus que les 12 annoncés, mais guère plus que les 11 du bus qui nous aurait peut-être amené jusque là.

La montée se fait en deux étapes, tout d’abord sur un premier mont, offrant déjà une très belle vue sur Rio, puis un second téléphérique nous emmène au sommet du pain de sucre pour là-aussi s’extasier devant cette ville spectaculaire qu’est Rio, mêlant la plage, la montagne, la mer, le Soleil… Nous avons une vue sur Nitoroi, ville faisant face à Rio sur l’autre côté de la baie dont le seul intérêt, prétendent les cariocas, est d’avoir une belle vue sur Rio.

Juste avant notre descente nous recroisons de petits singe en haut du pain de sucre, identiques à ceux accompagnant notre petit déjeuner à Florianopolis. Nous marchons un peu pour récupérer un bus en direction de Copacabana, et nous dinons à peine, toujours repus de notre excellent repas du midi.

Mercredi 29 février 2012, jour de notre départ de Rio.

Le jour se lève dès 5 heures 30, le Soleil pointe ses rayons à 6 heures 30, nous sommes debout. Le fuseau horaire est ainsi fait dans ces contrées qu’il fait jour de 5 heures 30 et nuit à 18 heures 30, c’est un peu surprenant, nous serions plus enclin à parier sur un 7 heures à 20 heures, mais ces levers de bonne heure nous gardent dans un décalage qui simplifiera notre retour, tout en profitant de plus de jour ici.

Rangement, valise, cuisine du reste de riz et de frites de manioc en préparation du pique-nique du midi, puis nous quittons les lieux, petit appartement sympathique de Copacabana, en direction de l’agence Localiza, le loueur national. Le trajet est assez fastidieux, nous sommes bien chargés.

D’après mes estimations extrêmement sommaires, nous devrions avoir à parcourir 3 kilomètres. Au bout d’un et demi, la difficulté nous pousse à préférer terminer en taxi. Le premier refuse, mais nous conseille d’aller de l’autre côté de la rue pour demander.

Un second décline, puis nous propose pour un prix fixe de 15 reais. Qu’est-ce que c’est que ces histoires ! Pourquoi ne nous acceptent-ils pas normalement ! Un dernier, à 20 reais cette fois-ci. Et bien, qu’ils aillent au diable ! S’ils ne veulent pas travailler, tant pis pour eux.

Mais nous avons la réponse bien vite, notre destination se trouvait à réalité toute proche, plus à 2 kilomètres de notre hôtel que 3, les taxis auraient pu simplement nous le dire, plutôt que tergiverser !

Bref, bien satisfait de gagner cette peine, nous nous étalons dans l’agence Localiza pour récupérer notre voiture. La réservation a été partiellement effectuée, dans le sens où la nana savait que nous allions venir louer quelque chose, mais il faut repasser en revue toutes les options. Enfin, formalités effectuées, nous partons au volant d’une Renault Sandero, commercialisé en France sous la marque Dacia. C’est un peu juste pour nous 4 et nos sacs, mais nous survivrons.

Première destination, l’aéroport pour acheter les billets d’avion pour Iguaçu, et le retour jusqu’à Salvador. Finalement nous prendrons l’aller à bon marché de Webjet, mais nous nous rabattrons sur Gol pour le retour vers Salvador de Bahia, car les horaires de Webjet nous imposaient une correspondance complexe à Rio, une seule petite heure avec débarquement et rembarquement des bagages, même la vendeuse de Webjet était sceptique…

Billets en poche, nous voilà près pour le grand départ !

Pas si vite ! Un petit clic-clac trop rapide à mes oreilles me laisse suspecter un clignotant gauche inopérant. Bingo ! Arrière-gauche cassé, ceci explique les grands-signes de la nana à qui j’ai coupé la route. Nous regardons rapidement si une réparation maison est envisageable, non, alors sans hésitation nous partons vers l’agence Localiza de l’aéroport pour faire réparer ce petit souci.

Nous changerons finalement de voiture, apparemment réparer un clignotant sur une Renault Sandero ne se fait pas en deux coups de cuillères à pôt, nous repartons finalement au volant d’une Fiat monospace, nous offrant un tout petit peu plus de place, une motorisation asthmatique, mais double carburation essence-éthanol, toujours la clim, difficile de survivre sans par ici…

Au revoir, Rio de Janeiro !

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