En route vers le Brésil !

Notre route vers le Brésil, pourtant si proche, sera longue et complexe. Lever à 3 heures 20 du matin, nous partons sous les hurlements des animaux pour notre troisième et dernier pays du voyage…

Je tente sans succès de dormir dans le petit bus en direction de Mercedes, mais la route est bien trop cahotique. Nous effectuons de multiples arrêts et détours pour récupérer des passagers, mais nous sommes surpris d’arriver à Mercedes en 2h30 alors que nous pensions que le voyage durerait plutôt 4 heures.

Cela rend l’horaire du bus encore plus étrange, pourquoi partir si tôt et arriver à Mercedes à 6h30 du matin alors que peu de commerces n’ouvrent leur porte avant 9 heures ? Peut-être pour faire la queue à la banque ? En effet à 6h30 il y a déjà une longue queue devant la banque, comme devant beaucoup de banque en Argentine, mais celle-ci n’ouvrira pas ses portes avant deux ou trois heures !

Nous ne savons pas pourquoi tant de gens font la queue devant les banques, peut-être peu d’entre eux ont une carte de crédit et doivent retirer au guichet, peut-être qu’énormément de transactions se font en liquide et que le dépôt est plus sûr directement dans la banque ? Mystère…

Bref, il n’est pas encore 7 heures du matin quand nous arrivons au terminal de bus, et nous avons la grande joie d’apprendre que les seuls bus pour Paso de los Ilbres sont à 5 heures du matin ou 17 heures… Nous voilà donc partis pour une journée quasi complète dans cette petite ville de Mercedes.

Nous patientons plusieurs heures au terminal de bus pour acheter nos billets vers Paso de los Libres ainsi que le trajet en bus de Paso de los Libres jusqu’à Florianopolis. Les choix de trajets sont limités et nous ne pouvons choisir qu’un départ à 21h30 depuis la douane de Paso de los Libres. Nous payons le bus pour Paso de los Libres avec nos pesos restant, 50, il nous en reste une grosse cinquantaine pour tenir jusqu’au soir.

Nous sommes un peu inquiets car notre bus pour Florianopolis part depuis le poste de frontière, alors que le bus depuis Mercedes va au terminal de bus de Paso de los libres Le vendeur de ticket ne nous rassure guère en indiquant que le trajet peut se faire en 15 min de taxi. Nous n’avons toutefois guère d’alternative et une fois les tickets achetés, nous partons avec tous nos gros sacs vers le centre ville en direction d’un cyber-café pour éclaircir ce mystère.

Le seul cyber-café de la ville n’ouvre qu’à 10 heures et nous patientons devant une bonne heure et demi. Nous en profitons pour replier (un peu) mieux la tente, rangée à la va-vite sous les cris des animaux fous, le matin même.

Nous déterminons au pif sur Google maps que la distance entre le terminal de bus et la douane n’est que de 4 km, ce qui devrait être faisable dans les 4 heures que nous avons entre notre arrivée de Mercédes et le départ pour le Brésil.

L’autre sujet stressant du moment à résoudre est l’envoi des cartes postales. En effet nous avions acheté dans nos premiers jours en Argentine de nombreuses cartes postales et les timbres nécessaires. Ce n’est pas donné à 2 euros l’envoi ! Mais quand nous avions quelques minutes de libres, nous les passions toujours sur le blog, qui est notre priorité pour ne rien oublier et partager avec tous les gens à qui nous tenons, ou au moins ceux qui tiennent suffisamment à nous pour nous lire !

Une fois toutes les adresses trouvées et les cartes envoyées, je travaille un peu pour SDS puis vers midi nous décidons d’aller profiter de cette belle ville de Mercedes dans un de ses restaurants prenant la carte bleue, nous ne pensons pas manger à notre faim avec nos 12 euros en pesos qu’il nous reste.

Pizza libre, nous mangeons un repas complet avec bière, 12 empanadas, un hamburger, une grande bouteille d’eau, une glace et une salade de fruit pour 120 pesos, pourboire en sus. C’est bon mais pas extasiant, nous restons toutefois dans la fraîcheur du restaurant climatisé jusqu’à 16 heures, où nous reprenons le dur chemin vers le terminal de bus, pourtant à un seul kilomètre, mais avec tous nos sacs et sous l’étouffante chaleur, c’est dur !

Notre bus Crucero del Norte vers Paso de los Libres est en retard, mais rien d’affolant car la correspondance pour le Brésil est bien plus de 3 heures après. Nous demandons au conducteur s’il peut nous laisser directement à la douane plutôt qu’au terminal, il accepte, je suis un peu déçu de ne pas pouvoir compléter mon sport de la journée avec 4km de plus, mais Leeloo est contente.

Le trajet vers Paso de los Libres est toujours vert, je dors un moment. Nous arrivons vers 20 heures à la douane, nous sommes les seuls à descendre. Le lieu est étrange, une station service, une petite roulotte de l’office de toursime d’Urugayana, la ville brésilienne de l’autre côté de la frontière, matérialisée par le fleuve. Les cinq brésiliens dans la petite caravane ne savent pas nous renseigner, nous avançons vers les bâtiments de la douane. Nous interrogeons de nombreuses personnes, des passants, des douaniers, des conducteurs de bus, et nous considérons que la réponse convergente est la plus probable :

Vraisemblablement, il nous faut attendre l’arrivée du bus sur un parking devant un des bâtiment de la douane, et passer la frontière uniquement une fois le bus arrivé.

Les gens ne sont pas extrêment sûrs de leur réponse, nous avons donc quelques doutes pendant les deux heures que nous passons dans un petit bar à côté de la station service.

Finalement, nous découvrons une agence Flecha Bus à côté du parking, la compagnie opérant notre bus, et cela nous rassure un peu.

Nous patientons deux heures de plus sur le parking, regardant la dizaine de chiens qui semblent occuper les lieux, courir après les voitures, quémander calins ou nourriture aux passants.

Vers 21 heures, l’agence ouvre enfin et nous confirme la procédure, mais le bus n’arrivera qu’à 22 heures 15, et encore nous devrons patienter une heure de plus pour qu’il effectue un aller-retour au garage.

Pendant ce temps, le responsable de l’agence Flecha a récupéré nos passeports pour s’occuper des formalités de sortie d’Argentine et d’arrivée au Brésil. Nous ne sommes pas très rassurés de lui laisser nos passeports et un peu surpris que les douaniers ne vérifient même pas que nous sommes bien les porteurs supposés des passeports… L’entrée au Brésil est moins compliquée qu’en Argentine…

Nous sommes, finalement, dans le bus à 23 heures 30, deux heures de retard, c’est notre premier gros retard au démarrage, mais nous sommes désormais au Brésil !

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