San Ignacio Mini, rouge-ville

Dès notre arrivée au terminal de bus de Posadas, à plus de 10 km du centre-ville, avant même d’avoir foulé le sol de cette ville inconnue, nous cherchons un moyen de la fuir. Elle est en effet à peine mentionnée dans nos guides touristiques, qui ne la décrivent que comme un passage obligé pour la visite des ruines jésuites ou de los Esteros del Ibera, un immense marécage réputé pour sa faune spectaculaire.

Notre premier souhait est de partir vers Carlos Pellegrini, petit village qui est la porte d’entrée de ce zoo à ciel ouvert. Mais les seules alternatives depuis Posadas sont un remis (un taxi privé) à 180 euros, ou bien entre 9 heures et 13 heures de bus via Paso de los Libres (c’est idiot nous y sommes passés ce matin avec le bus de Córdoba), puis Mercedes, petit ville dîte elle aussi sans charme. Nous avons déjà dans les pattes 17 heures de bus, une nouvelle journée de voyage ne nous tente guère. D’autant plus qu’il n’y a pas de route goudronnée entre Paso de los Libres et Carlos Pellegrini.

Leeloo passe plusieurs coup de fil pour trouver une solution et aller à Carlos Pellegrini, mais nous finissons par choisir de visiter les ruines jésuites en premier, puis de revenir sur nos pas après pour visiter les Esteros del Ibera.

Nous choisissons alors d’aller visiter les ruines jésuites de San Ignacio Mini, réputées les mieux conservées d’Argentine, même si celle de Trinidad au Paraguay sont dans un bien meilleur état paraît-il. Chance, après les nombreux coups de fil pour trouver un moyen d’aller à Carlos Pellegrini, il est 10 heures 40, et un bus pour San Ignacio part à 11 heures. 14 pesos par personnes, environ 5 euros à deux, pour une heure de bus et 60 km, c’est dans les prix du coin.

La route nous frappe par la rougeur des paysages, les roches et la terre sont rouges, très rouges, et contrastent l’ensemble du paysage. La végetation est toutefois très verte, dans la continuité depuis Córdoba. Moité d’un film sans doute nul avec Steven Seagel dans le bus, et nous arrivons dans le petit terminal de bus de San Ignacio, sur le bord de la route, juste à l’extérieur de la ville, construite de l’autre côté de la nationale.

Quelques renseignements pris à l’office du tourisme juste à l’entrée de la ville, il existe plusieurs camping et maisons d’hôte, mais 60 pesos pour le camping ou 100 pesos pour deux chambres en dortoir nous font pencher pour la facilité du dortoir, nous inaugurerons notre tente plus tard !

Il fait chaud, très chaud, et le kilomètre et demi jusqu’aux ruines nous assome déjà. Ne sachant encore trop notre sort : visiter les ruines et partir illico presto pour Posadas avec un bus du soir, et tenter de négocier un taxi moins cher pour Carlos Pellegrini le lendemain, ou alors prendre un peu le temps de souffler, aller dans une maison d’hôte, faire une bonne sieste et notre lessive qui s’accumule depuis Mendoza.

Nous nous accordons un repas au restaurant Aldea comme temps de réflexion, un quart de pizza, une demi assiette de spaghettis bolo, deux glaces vanilles, un litre et demi d’eau gazeuse et 90 pesos plus tard nous font regretter les menus complets chilien pour moins cher et nous confortent dans l’idée de rester ici jusqu’au lendemain, un dimanche, où il nous aurait de toute façon été dur de négocier quoi que ce soit à Posadas.

Nous repoussons alors la visite des ruines au lendemain matin, que nous espérons plus frais, et nous nous dirigeons vers la maison d’hôte Papillon, tenue par un allemand, dans le coin des ruines. La petite maison toute en brique a son charme, propre, elle comporte trois chambres, une incluant une salle de bain, déjà occupée, un double privée à 120 pesos ou deux lits simple pour 50 pesos chacun, avec salle de bain partagée.

Nous nous étalons sur les deux lits simples, économisant 20 pesos et pariant sur notre tranquilité tout de même, imaginant que d’improbables nouveaux arrivants choisiraient la chambre double pour 120 plutôt que de gagner 20 pesos et se retrouver avec nous, dans le lit double encore disponible de notre chambre.

Notre plan fonctionne et les deux belges flammandes arrivant un peu plus tard se ruent sur la chambre double sans même voir notre ruse.

Lessive, course, petit tour en ville, il faut toujours aussi chaud.

Internet à moitié là, la connexion est très lente et Guy (mon mini mini ordinateur portable)  l’étant aussi, l’expérience est frustrante. Mais nous sommes à peu près à jour sur l’envoi des photos, je travaille juste sur l’article à propos de Mendoza.

Raviolis sauce tomate et yaourt à boire comme dîner, vers 20 heures trente, puis dodo une heure plus tard pour une grosse nuit.

La nuit fraîche contraste avec la chaleur de la veille et nous n’avons pas très chaud lors de notre réveil ce dimanche 12 février 2012. Je travaille une peu sur le blog en laissant Leeloo dormir un peu plus, puis vers 9h30 nous partons pour visiter les ruines qui se trouvent à deux pas de l’hôtel Papillon.

50 pesos l’entrée pour nous, les extranjeros, 30 pour les argentins, la différence est correcte et moins choquante que le x10 du théâtre Colon de Buenos Aires. Un petit musée explique les grandes lignes de la présence jésuite en Amérique du Sud puis nous accédons au grand site du village jésuite. Ceux-ci ont construis en effet une ville entière, des locaux pour les indigènes, principalement Guaranis dans le coin, des baraques pour le travail, le stockage, la prière… Tous les aspects de la vie et du travail en communauté était pris en compte pour rentre la cité jésuite autonome et productive. Les multiples missions jésuites acquirent en effet un pouvoir économique important, ce qui leur valut leur expulsion du territoire en 1767, menaçant l’autorité royale.

Toutes les maisons du village jésuite sont encore présentes, mais seuls restent quelques murs. Le cloître et l’église sont un peu mieux conservés, mais aucun toit ne persiste. Les pierres rouges sous le ciel bleu, entourées de végétation sont très jolies. Les arbres et les multiples tons sur les murs en ruine donne au lieu une atmosphère un peu magique. Des dizaines de gros lézards parcourent les lieux, se glissant entre les pierres. La visite des ruines est libres, nous pouvons donc nous balader à notre guise dans les différents quartiers occupés 250 ans en arrière.

La chaleur revient vite et nous terminons notre petite visite par l’observation d’une énorme fourmi de 4 ou 5 cm de long, espèce envahissante du coin, construisant des centaines d’immenses fourmières rouges qui poussent un peu partout dans les champs, dans la ville, sur le bord des routes…

Nous nous offrons une bonne platée de pâte oeuf-saucisson pour notre repas du midi, ne sachant trop si nous pourrons manger correctement à Carlos Pellegrini. Nous devions prendre le bus vers 13h pour retrouver au terminal de Posada notre taxi 4×4 qui devait nous conduire jusqu’au camping de Carlos Pellegrini, mals Hugo, le conducteur, nous appelle et nous propose de passer nous prendre directement à San Ignacio pour le même prix, nous acceptons sans hésiter et passons les deux heures qui nous reste dans le charmant hôtel Papillon.

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