Córdoba, 2ème ville d’Argentine

Nous devions arriver vers 8 heures du matin. Nous arriverons plutôt à 9 sous une pluie battante. J’ai la malchance de découvrir que mon sac en soute est trempée, la pluie incessante de la nuit a dû avoir raison de l’hypothétique imperméabilité du bus. Pancho dehors, nous partons en direction du Baluch Backpackers Hotel que j’avais repéré sur hostelworld.com.

Il se trouve dans la rue San Martin, un peu au Nord du centre ville, à environ 2 kilomètres du terminal de bus. Malgré la pluie, il y a beaucoup de monde dans les rues piétonnes du centre, couverte avec une énorme treille qui protège disparatement de la pluie. Le Baluch se trouve au deuxième et au troisième et dernier étage d’un immeuble, troisième étage aussi constitué d’une grande terasse. La vue sur la ville n’est pas impressionnante, mais le faible nombre de très hauts immeubles permet tout de même d’avoir une vue dégagée.

La place en dormi est à 65 pesos, environ 12 euros, plus que les 10 annoncés sur hostelworld.com, mais nous ne tergiversons pas, d’autant que l’hôtel semble demandé. Un petit problème technique, indiqué par la personne de service, nous fait toutefois un peu hésité, il n’y a pour l’instant pas d’eau, paradoxal quand on voit ce qui tombe dehors. Une bonne douche après notre nuit dans le bus ne nous serait pas de trop, mais quelques indices laissant penser à un rétablissement possible de la coupure, et la flemme de repartir sous la pluie à la recherche de mieux, nous font rester au Baluch.

L’hôtel est propre, possède 4 dormi de 6 lits et deux ou trois chambres doubles à l’étage supérieur. Wifi, petit dej, une assez grande cuisine, une pièce à vivre avec trois PC en libre service et une salle télé canapé. Ma première action est de vérifier l’ampleur des dégâts dans mon sac trempé. Heureusement, je compartimente celui-ci avec de nombreux sacs et la plupart de mes habits sont dans des sacs plastiques, ce n’est donc que les habits un peu en vrac qui on pris, mon deuxième pantalon, mon short, une serviette et ma chemise.

La pluie cesse, l’eau revient, douchés et un peu reposés nous partons faire un tour en ville. Le centre est à deux pas, la place San Martin est jolie avec une superbe cathédrale rose sans échaffaudage devant, c’est notable. L’intérieur est très austère mais on y retrouve l’échaffaudage manquant à l’extérieur.

Nous aimons bien les facultés avec Leeloo, surtout en centre-ville, ce sont souvent d’assez beaux bâtiments, la visite et les toilettes sont gratuites, et si nous avons de la chance comme ici, nous pouvons monter jusqu’à une terasse de toit nous donnant un beau panorama de la ville d’où percent les différents édifices intéressants des alentours.

Notre grimpette universitaire terminée, nous tournons autour des bâtiments notables, cherchant aussi le meilleur prix pour la location d’une voiture, en vue de visiter quelques points indiqués sur nos guides autour de la ville. C’est finalement Budget, à côté de la place San Martin, qui se révèle le moins cher et le plus pratique, grâce à 5 % de remise via une promo sur la carte de la ville donnée à l’office du tourisme, et ses horaires d’ouverture étendus, de 8h du matin à 20h du soir, contre 9h-18h pour Avis. Notre Fiat jesaisplusquoi 1.8 réservée, nous continuons nos vagations Cordobesas.

Anaïs et Benoît nous avaient raconté leur sensation d’un très grand nombre de touristes israëliens en Argentine. Nous n’avions pourtant jamais vraiment remarqué. C’est chose faite au Baluch, plus des deux tiers des occupants viennent d’Israël. De plus ce n’est pas un groupe voyageant ensemble, juste de multiples personnes aux destinations variées qui sont de passage ici.

Après investigation, il semble que février soit connu en Israël comme le mois idéal pour visiter l’Argentine ou l’Inde. De plus, après le service militaire et avant leur études, beaucoup de jeunes israëliens prennent quelques mois pour voyager, période propice de temps mort.

Baluch organise le soir des repas où un cuisinier vient faire un plat. Ce soir c’est pizza au feu de bois dans l’immense barbecue de la terrasse du toit. Nous sympatisons avec deux brésiliens en vacances. J’en profite pour réviser mes minuscules connaissances en portuguais, mais je dois me préparer, le Brésil n’est plus très loin !

Pour Leeloo, c’est beaucoup plus facile. Et entre portugais et espagnol, nous parvenons a discuter de multiple chose, du voyage, du Brésil, et même de la crise économique !

Dodo pas trop tard, réveillé un peu par le retour des fêtards de notre dormi qui se couchent vers 5 heures du matin. Nous avons l’impression que beaucoup de personnes de l’auberge ne sont à Cordóba que pour faire la fête. Il traîne à l’hotel jusqu’à 21 heures, puis ils sortent et rentrent à 5 heures du matin, dorment jusqu’à 13 heures et rebelotte.

Nous avec Leeloo, nous avons la frousse des vampires alors la nuit on se planque. Le matin du jeudi 9 février 2012 nous traînons plus que prévu mais nous partons tout de même en voiture vers Santa Catalina à 9 heures moins quelque chose.

Par précaution, la couverture 3g de l’Argentine étant plus que sommaire, nous avions inclu un GPS dans la location. Il nous permet de sortir rapidement de la ville en direction de Jesus-Maria pour visiter un première Estancia jésuite. Ce n’est que 5 pesos l’entrée, mais interdiction de prendre des photos. Nous trouvons cela ridicule d’interdire de prendre des photos, s’ils possèdent des choses sympas dans leur musée, ce n’est pas en empêchant les photos que ça va se savoir…

Bref, le musée est sympa sans plus, nous n’y traînons pas trop. L’histoire des jésuites est toutefois intéresante. Ça me rapelle un peu l’idée de la geek farm…

La voiture est sympa, le GPS est complètement paumé dès que nous quittons la grand-route, mais avec l’aide des habitants du coin on se retrouve…

C’est surtout grace aux indications de la personne du musée de Jesus Maria que nous trouvons la route vers Santa Catalina, qui se trouve sur le bord en direction de Ascochinga. Le petit chemin de terre est bien indiqué sur la droite. S’ensuivent 13 kilomètres de piste parsemée de nombreux trous. Nous roulons doucement, nos pointes ne dépassant pas les 40 km/h. Finalement les deux clochers de Santa Catalina sortent du ciel et nous arrivons au petit village, quelques maisons et un poste de police.

Malheureusement, la visite de l’Estancia est impossible entre midi et 15 heures, ce n’est pas de chance car il n’est que 13h30. Nous faisons quand même le tour du bâtiment, mais il semble y avoir de nombreuses personnes à l’intérieur du cloître, nous ne nous aventurons pas plus loin.

Nous n’avons pas manger, un restaurant existe justement à côté, mais le bus de touristes arrivé en même temps que nous a déjà pris toutes les places. Cela semble un peu une astuce toutefois, car nous avons entendu le guide prétendre qu’il ne savait pas que le bâtiment ne se visitait pas entre midi et 15h, mais, tiens, heureusement il y a un (seul et unique) restaurant juste à côté (qui a l’air cher en plus)…

Nous avons bien quelques biscuits et une pomme, mais nous tentons notre chance dans une sorte de petit bar à côté du restaurant. Il est fermé mais nous entendons des voix à l’intérieur et finalement quelqu’un vient nous ouvrir et nous parvenons à négocier un saucisson et 7 petits pain pour 6 pesos. Et malheureusement, nous apprenons aussi que la majeure partie de Santa Catalina est fermée au public, en effet le bâtiment, bien que patrimoine de l’humanité, est une propriété privée et durant l’été seule l’Église reste ouverte, le reste étant occupé par les propriétaires.

Nous reprenons la voiture et parcourons quelques kilomètres de plus avant de nous installer pour un petit pique-nique. Pain, saucisson, pomme, chocolat, ce n’est pas le  luxe mais nous mangeons à notre faim !

Retour vers l’église pour la visite et, surprise, c’est notre vendeur de saucisson qui sera notre guide ! La visite est rapide, mais il nous explique de nombreuses chose sur l’art jésuite, un mélange d’icones catholiques avec une vision incomplète des indigènes, donnant par exemple des tableaux de la passion du Christ avec des soldats romains habillés tels que les espagnols conquistadors, c’est normal ils représentaient les seuls soldats jamais vus par les aborigènes !

Anecdocte étonnante, suite à l’expulsion des jésuites l’estancia fut rachetée par une famille, et celle-ci est toujours propriétaire des lieux plusieurs centaines d’années plus tard. Si ce n’est que la famille s’est un peu agrandie, et ce sont désormais en réalité plus de 400 familles différentes qui se partagent la propriété ! Il va sans dire que les réunions de famille doivent être mouvementées !

Il est possible de louer l’Église pour se marier, mais il faut abondamment prier pour qu’il ne pleuve pas car alors la route est absolument impraticable… Nous la reprenons sous le grand Soleil en direction de Jesus Maria. Nous hésitions à passer par un chemin alternatif et revenir par le village de la Cumbre, mais nous n’avons qu’une distance de 200 km dans notre forfait de location et le GPS ne connaissant pas la plupart des chemins, nous avons peur de nous perdre…

Nous parvenons toutefois à visiter une estancia de plus que nous n’avions pas trouvé à l’aller. C’est la moins jolie des trois, elle mériterait un sérieux coup de peinture. Son style est toutefois différent, mais nous ne passons qu’en vitesse, les objets exposés sont en effet un peu toujours les mêmes.

Retour tranquille vers Córdoba pour 19 heures, nous finissons la soirée par une pasta party organisée par l’hôtel durant laquelle nous discutons avec un argentin sympathique. Il y a toujours autant d’israéliens.

Vendredi 10 février 2012, journée de départ vers Posada, dans l’objectf de visiter les missions jésuites et los Esteros del Ibéra, un immense marécage réserve naturelle à la faune exceptionnelle.

Nous trainassons un peu mais finalement décidons d’aller acheter une tente. À plusieurs reprises nous avons regretté de ne pas en avoir apporté une, alors nous achetons pour 700 pesos une tente de la marque Montagne, le Decathlon argentin. Elle est assez simple mais nous pensons quelle nous permettra tout de même de temps en temps de faire l’économie d’un hôtel, ou de nous permettre des randos de plusieurs jours.

Notre bus pour Posada part vers 17h pour 16 heures de route, et nous quittons Córdoba sous un fort Soleil, avec notre petite tente en plus, que Leeloo a réussi à faire entrer dans son sac, en échange de quelques habits que je case dans le mien. La tente pèse 2.8 kg, ce n’est pas la plus légère des deux place, mais pour environ 110 euros c’est un bon compromis.

Depuis Córdoba, les paysages sont beaucoup plus vers et contraste avec nos deux premières semains dans l’aride Patagonie…

 

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