Mendoza l’arborée

Nous arrivons dans la chaude Mendoza vers 16h30 le lundi 6 février. Pas très en forme après les 4 heures depuis Puente del Inca dans le bus vibrant et aux multiples arrêts.

Nous sommes en vie, c’est déjà ça… Quelques renseignements sur les bus pour la suite de l’aventure, et nous prenons lentement la route de notre hôtel, rue Perú, à environ 3 kilomètres du terminal de bus. Trajet parsemé de quelques lieux notables comme la place d’Espagne, de l’indépendance ou de l’Italie. C’est joli. La ville est jolie. Toutes les rue sont plantées de très grands arbres raffraîchissant un peu notre chemin.

L’hôtel Petit est bien situé aux abords de la place du Chili, dans le centre. Pour 230 pesos, environ 45 euros, nous avons une chambre deux lits simples avec salle de bain donnant sur un minuscule carré de lumière au milieu de l’immeuble, bien loin de la mignonette chambre de l’hôtel Español de Coyhaique au même prix, mais ainsi soit-il.

Nous pensions visiter la ville dans l’après-midi, mais la chaleur, la fatigue et nos incertitudes sur notre avenir proche nous retiennent jusqu’au soir. Il est en effet quasiment impossible de trouver les horaires de bus du Nord de l’Argentine vers le Brésil. Nous ne pouvons nous décider sur la route à prendre. De plus les activités que nous souhaitions faire à partir de Mendoza, le parc Ichigualisto, autrement appelé la vallée de la Lune, ainsi que la laguna Brava, sont dans des endroits assez reculés et cela implique de nombreuses heures de transport avec la complexité du logement associé.

Nous nous couchons, incertains du trajet à prendre, vaguement blasés du manque d’infrastructures et de la difficulté pour trouver des informations pertinentes sur les lieux touristiques.

Le petit matin nous apportera nos réponse, f***k la vallée de la Lune, P*** *ff la laguna Brava, on se casse à Córdoba !

C’est tout de même frustrant de devoir parcourir 800 km et 10 heures de transport pour voir un truc qui n’en mérite que deux !

Nous virevoltons dans Mendoza sur le chemin du terminal de bus, toutes les rues semblent vraiment arborées et cela donne une impression de fraîcheur et de nature.

Nous avions décidé de partir visiter une Bodega dans les alentours de Mendoza, qui se trouve dans la ville de Lujan. Nous trouvons assez facilement le bus allant vers Lujan, il s’agit du 850 Bartholome Mitre. Nous avons de la chance, il part 20 min après notre arrivée. 1 peso par personne pour les 20 km avant notre destination. Parfois les tarifs des bus sont suprenant, certains sont à un euro du km, d’autre 20 centimes pour 10…

Leeloo suit notre trajet sur son iphone, pour une fois la 3g fonctionne. Nous descendons donc rue Bulnes, comme nous l’indiquait le plan que nous avions trouvé pour nous rendre à la Bodega Bonfanti, recommandée par Anaïs (une française rencontrée à Pucón, au Chili) comme une petite exploitation familiale typique et Argentine, ce qui est rare dans les exploitations viticoles situées près de Mendoza.

Nous suivons un chemin de terre bordé de peuplier très agréable, nous apercevons les vignes qui bordent la route. Nous avançons tranquilement pendant un petit kilomètre quand une personne dans un gros 4×4, sortant d’une exploitation sur le côté, nous interpelle.

Il nous demande où nous allons. Un peu apeurés de nous trouver dans un lieu interdit, nous lui expliquons que nous cherchons la Bodega Bonfanti. Il réfléchit un instant mais semble dire que nous ne sommes pas du tout dans la bonne direction, et que de plus le coin est mal fâmé et que nous ne devrions pas traîner par ici. Un peu dubitatif face à ses remarques, surtout que nous n’avons croisé sur le chemin que deux personnes en VTT, nous hésitons.

Il nous propose de patienter et utilise son téléphone mobile pour appeler un de ses potes. Il le tchatche un petit moment, en parlant de nous, de Bonfanti, puis raccroche finalement et nous explique où se trouve la Bodega Bonfanti ne se trouve pas vraiment dans lecoin. Nous ne savons trop que faire, nous nous tortillons… Il le voit et nous propose alors de de nous y emmener en voiture. Leeloo monte sans hésiter, je suis un peu plus suspicieux mais le gars, dans la cinquantaine, plutôt bon vivant, a l’air sincère.

Nous roulons, roulons, roulons, peut-être 10 kilomètres, je commence à me demander comment nous allons faire pour rentrer, car nous avons notre bus pour Córdoba le soir même, à 22h30. Il nous dépose finalement devant la Bodega Bonfanti, bien loin de là où nous allions…

Nous repoussons à plus tard nos considérations logistiques et profitons alors d´une visite de la petite exploitation aux 50 000 bouteilles par an guidée par la patronne des lieux. La petite Bodega est à son nom depuis 2004 seulement, auparavant la famille Bonfanti vendait leur récolte à de plus grands exploitants, souvent étrangers. Trois types de pieds sont cultivés, du Malbec, star argentine, du Cabernet Sauvignon et puis un autre truc dont je ne me rappelle plus le nom.

La visite est intéressante et instructive, comment sont taillés les pieds, pourquoi leur vin est plus fort que le notre, les temps de passage dans les différente étapes. Tout leur matériel est français, c’est très cher pour eux mais c’est un investissement nécessaire pour leur permettre de sortir des vin de qualité supérieure « reserva » et « gran reserva », vins élaborés avec des grains de raisin entiers triés à la main et vieilli un ou deux ans en fûts de chêne, d’origine française.

Nous avons droit à une dégustation, et pour la première fois je crois sentir le goût du chêne dans le vin, l’odeur me rappelle toutes mes heures passées à couper des planches de chêne pour fabriquer différents meubles de notre appartement à Gif sur Yvette.

Trois verres de vin à 14.9⁰, c’est rude, surtout sans rien manger. Nous ressortons sous un Soleil de plomb une fois la visite terminée. Nous ne regretons pas nos 25 pesos par personne, même si nous nous inquiétons désormais un peu pour notre retour à Mendoza.

Nous sortons de la petite allée de l’exploitation, traversons la route 40, et après une requête à un local, nous nous plaçons sous un arrêt de bus un peu plus loin, normalement passage du bus 850 pour Mendoza. Nous patientons bien 45 min par plus de 35⁰C et laissons passer plusieurs bus n’allant pas à Mendoza avant d’avoir la chance d’en rencontrer un. 3 pesos 80, c’est vachement plus cher d’ici, nous devons vraiment être beaucoup plus loin que notre premier arrêt !

Nous arrivons sans encombre à Mendoza, et nous profitons des quelques heures qu’il nous reste pour visiter deux rues sympathiques de Mendoza menant au parc San Martin. La chaleur et la fatigue nous empêche de faire le tour complet du parc de la ville, censé inclure un petit mont donnant une vue de la ville, et nous finissons d’attendre à l’hôtel Petit, où nous avions laisser nos sacs pour la journée. Nous téléchargons les derniers flux RSS pour le trajet en bus, et vers 20 heures nous partons en directions du terminal de bus avec nos gros sacs, mais sans mes jolis bâtons, désormais bien loin…

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