Dur chemin vers le pied de l’Aconcagua

Dimanche 5 février 2012, nous nous réveillons tous les deux avant l’alarme du réveil, à 5h du matin au lieu des 5h30 prévues. Pas de chichi, nous nous levons, préparons nos affaires et nous quittons les lieux vers 6 heures moins 10.

Pas d’encombre pour quitter La Chimba, il y a quelqu’un à l’accueil 24h sur 24. Nous rendons les clefs et nous nous engouffrons dans les rues encore sombres de Santiago. Notre quartier, Bellavista, est le coin de la vie nocturne, nous n’avons donc guère de crainte à le parcourir, croisant les fêtards fatigués cherchant un taxi ou un bus, dégustant un dernier completo (hot dog) ou une sopaipilla (galette de farine de maïs frite) pour prolonger un peu la nuit. Nous suivons tout de même les grandes avenues avec du monde.

Traversée du rio Mapocho et nous arrivons sur l’avenue Bernardo O’Higgins, toute droite en direction du terminal de bus Santiago où nous devons nous trouver à 7h15. Il est 6h10, nous voyons partir devant nous le premier bus 210, qui suit le chemin du métro tant que celui-ci ne fonctionne pas, jusqu’à 8h le dimanche matin. Nous décidons d’avancer jusqu’au prochain arrêt. Il y a une multitude d’arrêt de bus tout le long de l’avenue, il faut faire attention aux indications donnant la liste des bus pour chaque arrêt. Le 210 semble ne s’arrêter qu’au niveau des stations de métro. Plusieurs bus nous doublent le long de la voie.

Dans notre courte nuit, j’ai eu un doute quant à la méthode de paiement du bus, le nouveau système mis en place à Santiago a 2007 à inauguré une carte  »Bip » pour valider à la montée du bus. Après renseignement auprès d’une personne attendant elle aussi à un arrêt du 210, il semble que la seule et unique méthode de paiement soit cette carte. Ne la possédant pas, nous décidons alors de poursuivre à pieds jusqu’au terminal, ne sachant pas trop le temps nécessaire pour le rejoindre.

J’avais estimé la distance à environ 3km, mais 45 minutes de marche supplémentaire démentent mon estimation, vraisemblablement nous serons plus proche des 5 ou 6 kilomètres. Ce n’est pas énorme en soit, mais chargés avec nos sacs, sans doute 25 kg pour moi et 15 kg pour Céline, la route sur les larges trottoirs de l’avenue sporadiquement éclairée, avec de moins en moins de monde à mesure que nous nous éloignons du centre, nous paraît bien longue. Nous pressons le pas, les premières lueurs du jours apparaissent derrière nous, nous passons les stations de métro les unes après les autres et prenons tout de même le temps d’apprécier les jolis bâtiment le long de notre chemin. Santiago est une jolie ville, même au petit matin.

C’est au petit jour que nous arrivons au terminal, 7 heures moins dix, suffisamment de temps pour tourner un peu en rond avant de trouver le quai de départ de notre bus en direction de Mendoza. Nous devons mettre nos sacs en dernier dans le coffre du bus pour pouvoir descendre au pont de l’Inca, comme convenu avec l’agence qui  nous a vendu les tickets.

Nous payons plein pôt jusqu’au bout, mais pour éviter un aller retour de 360 km depuis Mendoza, nous avons estimé plus malin de descendre au Pont de l’Inca pour faire un petit tour dans le parc de l’Aconcagua, le mont dominant toutes les Amériques ainsi que l’hémisphère sud avec 6960 mètres et quelques.

Mais non ! C’est impossible, sécurité, voyages internationaux, protocoles, bla bla bli, bla bla bla, les chauffeurs refusent de nous laisser où nous voulons. Deux options, nous proposent-ils, un arret à la douane, ou Mendoza. Mais à quelle distance de la douane se trouve le Pont de l’Inca ? Oh, pas loin, un kilomètre, un et demi, c’est facile, il y a la douane ici, et puis on descend comme ci et comme ca et voilà  on y est. Mouais, ce n’est pas très convaincant, nous nous réservons donc le temps de réflexion pour décider si nous décidons de descendre finalement à Mendoza ou bien à la douane avec le risque de marcher longuement avec nos sacs, à 3000 mètres d’altitude…

La route depuis Santiago est superbe, serpentant en montant le long des Andes en direction du Christ Redempteur, marquant la frontière à 3800 mètres d’altitude pour commémorer l’accord entre l’Argentine et le Chili sur l’emplacement de la frontière, au début du 20ème siècle. Mais notre bus ne montera pas jusque là, un tunnel permet d’éviter les derniers 800 mètres de dénivelé et permet de franchir la frontière à environ 3000 mètres. Les montagnes sont composées de roches rouges et marrons, expliquant la couleur du fleuve Mapocho qui traverse Santiago. Ce ne sont donc pas (uniquement) des eaux sales, mais elles sont surtout chargées de sédiments de couleur marron.

Étrangement, nous passons la douane chilienne sans même nous arrêter, effrayant un peu Céline qui pensait ne plus pouvoir jamais revenir au Chili sans le petit tampon de sortie sur son passeport. Mais frayeur injustifiée, pour la convenance de tous, la sortie du Chili et l’entrée en Argentine se fait d’un seul coup en arrivant au poste de frontière en Argentine. Grâce aux renseignements d’un passager qui connait bien la route, nous avons la confirmation que le pont de l’Inca est tout près de la douane, nous informons alors les chauffeurs que nous descendrons ici. Nous patientons ensuite anxieusement pendant le passage de nos sacs aux rayons X. En effet, il est interdit d’importer des produits frais, comme nos pommes, nos bananes, nos nectarines, nos enpanadas à la viande, et sans doute bien plus encore… Nous rappelons aux chauffeurs notre souhait de descendre ici, mais ils restent flous, et esquivent les réponses franches. Nous patientons encore, sans doute une heure en tout. Finalement les douaniers fouillent nos sacs sommairement, à la recherche de nourriture. Je planque discrètement ma bouteille de 100% pur jus d’orange derrière mon sac en espérant la garder, mon truc marche et le douanier ne la voit pas, ouf ! Tout le monde passe, encore un peu de patience et finalement les passagers commencent à remonter dans le bus. Nous indiquons une nouvelle fois notre souhait de rester ici, ne voyant nos sacs nulle part. En réalité nous ne les avons pas vu lors du contrôle, mais il y avait beaucoup de monde et de mouvements, difficile de savoir s’ils sont passés au scanner ou pas. Cela est surprenant toutefois car au rayon X il est assez difficile de cacher quoi que ce soit, tout se voit tellement en détail. Bref, cela n’est pas notre préoccupation première pour l’instant, nous sommes un peu inquiets de voir tout le monde reprendre le bus sans signe des chauffeurs pour nous permettre de rester ici. Finalement, après un dernier tortillage de fesses, les chauffeurs nous lâchent qu’ils peuvent nous laisser à Puente del Inca, « por una propina ». Super, il nous aura fallu poireauter tout ce temps juste histoire de filer quelques milliers de pesos aux chauffeurs.

Le pont est vraiment juste à côté, et après 20 min à attendre en dehors des douanes, en face de l’Aconcagua, que nous voyons enfin, nous arrivons en dix minutes à Puente del Inca. Nous sommes bien content de voir que l’auberge que nous avions trouvée se trouve ici même, ce n’était pas très clair dans les indications que nous avions.

L’auberge n’est pas très accueillante, sombre, assez vieille. Nous n’avons toutefois guère le choix, nous acceptons donc les 366 pesos argentins pour une chambre. Plus exactement pour deux lits parmi 6 privatisés, car les chambres matrimoniales sont toutes occupées. 70 euros pour dormir dans une petite chambre sombre en mauvais état, dont la salle de bain rappelle une peu celle de notre pire hospedaje à Coyhaique, ça nous fait un peu mal au coeur. Mais nos alternatives sont aussi complexes, nous n’avons pas de tente pour camper, et retourner à Mendoza pour revenir nous coûte 20 euros et plus de 6 heures de bus. Réjouissons-nous alors de cette nuit à 2700 mètre d’altitude, aux pieds du colosse des Andes.

Colosse que nous décidons d’aller voir, car il n’est pas visible depuis Puente del Inca. Nous suivons un peu l’ancienne voie ferrée qui doit mener à l’entrée du parc, mais mous revenons finalement sur la route, pas très sûrs du chemin à prendre. Un portail et une batisse avec un panneau Aconcagua nous laisse penser que c’est l’entrée, mais la reconduite au niveau de la route par un militaire infirme notre hypothèse, c’était un camp militaire…

De nouveau sur la route, ce n’est pas toujours rassurant avec les énormes camions qui bourrent dans la dernière montée avant la douane. Passage sur un pont interdit aux piètons puis nous quittons finalement la route, dans l’espoir d’avoir trouver un petit chemin. Chemin plus imaginaire que réel au milieu de ces maudites plantes avec leur graines qui s’accrochent de partout sur les chaussures et les chaussettes. Il n’y a aucun arbre, juste quelques touffes d’herbes, le ciel est magnifique, les montagnes rouges et grises superbes, les 3000 mètres d’altitudes un peu grisantes.

Une heure plus tard, mais sans doute pas plus de 300 mètres plus haut et 3 kilomètres plus loin, nous arrivons en vue de petites cabanes et d’un parking. Un garde nous informe que ce n’est pas l’entrée du parc et que nous aurions dû nous acquitter de 10 pesos pour entrer, et bien plus si nous voulions monter. Nous lui confirmons notre souhait de faire un simple petit tour, et il nous fait grâce des dix pesos et nous parcourons un petit circuit de 40 min à l’entrée du parc, avec une vue directe sur l’Aconcagua.

Le vent souffle, nous mitraillons de photos et convenons que nous n’irons pas plus loin le lendemain, nous partirons alors avec le bus de midi, le premier de la journée vers Mendoza. Lors du petit tour, Leeloo indique à un Argentin que son sac est ouvert, et dix minutes plus tard, quand il nous croise marchant au bord de la route, il nous propose de nous descendre en voiture jusqu’au pont. Sympa, mais il ne l’aurais peut-être pas fait si nous ne l’avions prévenu pour son sac. Nous voulions tenter de revenir par la voie ferrée, qu’importe, nous ferons un petit tour le lendemain matin avant l’arrivée du bus. Retour à l’auberge et nous mangeons en diner une de nos empanadas, puis après une peu de lessive et un bout d’un film que m’a filé Neeko, un gros dodo dans nos deux lits séparé, mais Leeloo vient quand même se coller un peu moi au début, c’était bien.

Il n’est pas si fréquent de pouvoir faire la grasse matinée, lever 7h, quel bonheur. Nous nous incrustons sans le savoir à la table de petit dej d’un groupe qui va monter l’Aconcagua, mais c’est tellement pas dans les moeurs Argentine de filer des infos ou des indications claires que tant pis, on aura manger les croissants pas bons de deux gars du groupe… Nous discutons un peu avec deux français qui vont tenter l’ascension en 18 jours avec ce groupe, ça me donne un peu envie, peut-être une autre fois !

Nous partons ensuite faire notre petite balade long du chemin de fer, mais un pont n’est pas très simple à passer, et ensuite on ne sait pas trop où cela va alors nous rentrons finalement après ue grosse heure de marche. Check out de l’hôtel, un peu réticent à nous laisser payer par carte, puis nous patientons deux heures avant notre départ pour Mendoza avec le bus Uspalliata expresso, qui fait trois aller-retours dans la journée pour 26.5 pesos. La route pour Uspalliata est superbe, d’autant que nous squattons les place en haut tout devant le bus. Ensuite nous devons rejoindre nos place tout au fond du bus quand la foule rentre et la fin du voyage vers Mendoza n’est vraiment pas marrante, pourtant elle ne dure que 3 heures…

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