De Coyhaique à Puerto Varas

Samedi 21 janvier 2012, arrivée à Coyhaique vers 15h. Nous errons en peine à la recherche d’un moyen de quitter cette ville que nous ne connaissons même pas. Mais nous avons un impératif, retrouver Nico, mon frère, et Virginie le 23 dans une cabane dans les environs de Puerto Varas, pas loin de Puerto Montt. Mais que ce soit bateau, bus ou avion, rien jusqu’à lundi prochain… Quelques bus partent le dimanche pour la Junta, un peu au nord de Cohyhaique, et il semble exister un autre bus lundi de la Junta à Chaiten. Mais c’est une option risquée, la route entre Chaiten et Puerto Montt n’est pas goudronnée tout du long, et de nombreux passages en ferries sont nécessaires.

Dépités, nous choissisons le trajet en bus direct de Coyhaique à Puerto Montt avec Quelen Bus, qui malheureusement quittera la Carretera Austral, en effet le bus ne se risque pas à rester sur les routes chilienne, et préfère traverser deux fois la frontière argentine et emprunter la route 40, elle aussi non goudronnée sur une bonne partie du trajet, c’est dire si le côté chilien par la carretera austral doit être galère…

Nous sommes doublement tristes, nous arriverons en retard à Puerto Varas, le mardi 24 et non pas le lundi 23, et nous ne pourrons voir la Carretera Austral en entier, pourtant si jolie…

Il fait si chaud ! Nous marchons dans les rues, sonnant à toutes les hospedajes, maisons d’hôtes, mais tout est plein. Les hotels sont très chers et nous gardons espoir de trouver une chambre de libre. Dans notre quête, nous apprenons au passage la signification des nombreux tags : « patagonia sin represas », c’est un mouvement contre la construction d’énormes barrages sur le Rio Baker en Patagonie pour permettre l’alimentaion en électricité de la gourmande et grandissante Santiago. Immense projet mettant en péril l’authenticité de la Patagonie et nécessitant de plus l’installation de milliers de kilomètres de lignes à très haute tension.

C’est intéressant mais le gars nous parlant de ce sujet n’a qu’une cabañas pour deux à 39000 sans wifi. Déjà que nous sommes bloqués ici pour deux jours sans vraiment le vouloir, si nous n’avons pas de Wifi, je ne pense pas que nous survivrons.

Finalement des japonais dans une hospedaje nous en conseille une un peu plus loin pour pas cher, propre avec le wifi parait-il. Sur le chemin nous tentons notre chance dans quelques  hospedaje indiquées sur une carte de Coyhaique que nous a gentiment filée le japonais. Pour 10 000 par personne c’est vraiment pas terrible.

Nous n’aurons guère mieux pour 14000 en tout dans l’hospedaje conseillée par le japonais, petiet chambre exigüe, lit constitué de trois matelas les uns sur les autres, salle de bain parcourue de nombreux pinces oreilles, et wifi marchant une fois sur dix…

Nous baissons les bras et restons ici, nous survivrons. Quelques courses en ville, nous retirons de l’argent. Nous croisons de nouveau Sebastian au supermarché (le premier vrai que nous voyons au Chili) Unimark. Il n’y a aucune pommes dans ce truc c’est dingue ! Pas non plus un seul jus de fruit sans sucres ajoutés, même les plus cher sont blindés en aspartame et autre protéïne de soja… Repas de roi dans la petite cuisine de l’hospedaje, crevettes sauce tomate avec notre reste de polenta !

Internet ne marche plus du tout, il est 23h, nous nous couchons pas très rassurés dans le lit que nous avons préalablement aspergé de pchitt pchitt contre les bêtes.

Réveil dimanche 22 janvier à 8h42, bonne nuit malgré tout. Le wifi ne marche tourjours pas, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase , nous prenons toutes nos affaires et partons à la recherche d’un monde meilleur. Nous errons quelques temps d’hôtels en hôtels, un premier à 42000 nous semble bien mais un peu cher pour la chambre sombre proposée. Quelques hospedaje plus miteuses les unes que les autres, un peu de rêve dans la salle d’attente de l’hôtel Reloj, allez, si c’est moins de 50 euros on y va ! Combien ? 130 dollars US, à Coyhaique ? Bon on va aller ailleurs…

Nous finissons finalement dans l’excellent « Hôtel Español » que j’avais déjà vu la veille pendant que Leeloo faisait du wifi au cybercafé, 41500 la chambre mais c’est mignon, propre, la chambre est grande, et puis avec les 14000 de la veille nous équilibrons (un peu) les comptes. Enfin un peu de confort ! Nous nous installons dès 11h du matin pour une journ’ee administrative, upload des photos, lessive, préparation de la suite, notamment le Brésil.

Recherche d’un bon restau sur tripadvisor, mais dans nous sortons vers 17h le dimanche après-midi à Coyhaique, il ne faut pas espérer de miracles, tout est fermé, et Leeloo commence déjà à avoir faim, mamamia ! Nous n’avons toutefois guère le choix et convenons de revenir plus tard. Visite de la ville qui possède plusieurs miradors. La ville est assez jolie, première « grande ville » chilienne avec ses 50 000 habitants, surpassant Cochrane et ses 4000 habitants et notre premier pueblo, Villa O’Higgins et 400 âmes, sans compter les chiens et chevaux (mais les quelques poules). La ville est entourée de superbes paysages de montagnes. C’est une ville récente, datant du début 1900, les maisons sont surtout de bois. Beaucoup de maisons sont quand même à vendre, je ne sais pas s’il fait si bon vivre ici.

Notre restaurant par défaut sera finalement le Casino de los Bomberos, à côté des pompiers comme sont nom l’indique. Pour 18000, environ 30 euros, nous mangeons deux plats de poissons, assez copieux mais plutôt fades. Leeloo a pris des frites et moi du riz et une salade. Bien grand mot pour une salade c’est plus un assortiment de quelques betteraves, tomates, salade verte et une sorte de haricot, pas assaisonnés, mais sur la table nous disposons de vinaigre et d’huile pour donner un peu de goût. Bref, rien d’exceptionnel pour ce 5ème restaurant parmi les meilleurs de Coyhaique…

Retour au dodo, et nous laissons traîner le matin du 23 janvier pour rester le maximum à l’hôtel et profiter du wifi. Préparer la suite et faire le blog prend énormément de temps, mais c’est aussi un moyen pour nous de mettre sur papier nos impressions. Nous partons finalement en vitesse à 13h de l’hôtel, passons rapidement acheter de quoi grignoter à l’Unimark, retirer un peu d’argent puis prendre notre bus de 14h. Nous ne retrouvons pas Sebastian qui allait pourtant à Bariloche, il a peut-être reussi à quitter la ville en stop…

Le bus est long, très long, la route vers la frontière est finalement assez rapide et nous en profitons peu, le passage des postes frontière est long, et aussitôt du côté argentin la route devient monotone est plate. La route est de terre battue pendant plusieurs centaines de kilomètres, c’est affreux. Nous somnolons beaucoup, le bus s’arrête de temps en temps pour nous permettre d’acheter de quoi manger. Nous n’avons eu aucun souci à sortir du Chili et entrer en Argentine avec toute notre nourriture. Les films dans le bus sont nuls… Nous dormons très mal dans le bus, le petit matin du mardi 24 janvier, nous nous réveillons sous une spectacle de désolation, le paysage est complètement recouvert de cendres, les arbres sont à moitié mort, la région de Bariloche ressemble à un désert…

Le passage de la frontière dans l’autre sens est encore plus long, d’une part car arrivés trop tôt au poste de frontière, nous devons patienter 1 heure 30, et d’autre par l’entrée au Chili est beaucoup plus complexe car ils fouillent les sacs à la recherche de fruits, de viandes ou de produits laitiers, interdits, à manger ou à jeter…

Nous arriverons finalement à Puerto Varas vers midi, avec deux heures de retard, mais le trajet vers Ensenada sera assez simple, de petits bus en centre ville de Puerto Varas y partant toutes les demi-heures pour environ 1200 pesos par personne.

Nous descendons du bus au kilomètre 37, au niveau du chemin de trois kilomètres nous menant à pieds chez Kasa’Ko. Le hasard faisant bien les choses, nous croisons Nico et Virginie sur le chemin.

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