En route pour le Chili !

Nous avions un impératif : arriver le 23 janvier à Puerto Montt pour rejoindre le frère de Warly et mon amie Virginie. On aurait pu prendre un bus pour rejoindre Bariloche puis un autre pour aller au Chili à Puerto Montt. Mais il parait que la route 40 qui rejoint Bariloche n’est pas très belle et on en a un peu marre des steppes patagoniennes. On veut des Andes !!!

Alors, on a changé de plan. Nous avons décidé de prendre la Caretera Austral, une route qui longe les Andes et les lacs au Chili. Cette route à l’air beaucoup plus jolie que la route 40, mais pour la retrouver c’est un peu l’aventure : il faut pendre un bus d’El Chalten pour le Lago del Desierto, puis traverser le lac en bateau, puis marcher pendant 22 kms pour passer les 2 postes frontière (on peut se faire aider de chevaux, mais seulement si on vient du Chili pour l´Argentine), traverser un autre lac en bateau (Lago O’Higgins) et enfin, prendre un bus pour un voyage de 2 jours et arriver enfin à Puerto Montt.

Enfin, ca c´était le plan initial ;-)

Nous partons à 8h de l’auberge los Pioneros del Valle à El Chalten pour prendre un bus em direction du Lago del Desierto. L’auberge était pas mal, plutôt récente. Nous avions dû changer de chambre car nous n’avions pas réservée et l’auberge est vraiment complète. Le bus de Las Lenguas nous emmène sur une piste jusqu’au Lago del Desierto, je chemin suis la petite vallée et nous arrivons sur les rives du lac vers 10h30. De peur de manquer, j’achète 5 pains blanc à un petit commerce et nous en mangeons un peu en guise de petit-déjeuner. En plus deux brésilien dans notre dortoir nous ont donné un reste de pain avant de partir. Il n’y a malheureusement pas de bateau pour traverser le lac avant 17 heures ce soir. Comme nous ne savons pas où dormir le soir, il nous faut parvenir au Chili dans la journée, nous décidons donc de partir à pieds vers l’autre côté du lac. D’après ma carte, le chemin fait 13 kilomètres.

Le lac du désert est très étiré dans la vallée qui s’est considérablement resserrée depuis El Chalten. S’il fait 13 kilomètres de long, il ne doit pas faire plus de 1 de large. Nous partons confiant avec toutes nos affaires mais dès les premières centaines de mètres nous déchantons vite. Nos sacs sont très lourds, le chemin est difficile, pentu, étroit, mal indiqué, peu praticable. Nous nous trompons à de multiples reprises mais par chance, alors que nous rebroussions chemin dans une impasse, nous tombons sur Sébastien, un Français vivant à Barcelonne pour 6 mois en Amérique du Sud. Heureusement grâce à sa bonne humeur et son énergie, nous reprenons confiance et la route passe bien plus vite. Hasard des rencontres, il est lui aussi un fervent défenseur des logiciels libres, et, geek dans l’âme, les sujets de conversation ne manquent pas !

Nous avons réorganisé nos sacs pour ne porter sur le dos qu’un seul sac à dos. J’ai récupéré du poids de Leeloo, mais j’avoue que j’ai un peu de mal. De plus je n’arrive pas à caser correctement mon sac. Il est vieux et les lanières autour des hanches sont distendues, je ne parviens pas à le caler convenablement. Nous arrivons finalement de l’autre côté du lac à 17 heures passées. Impossible de continuer, il est trop tard pour espérer arriver au Chili aujourd’hui. Nous sommes ennuyés car nous n’avons pas de tente, nous ne savons où dormir. Nous faisons un tour, demandons au douanier qui habite sur les bords du terrain de camping, un simple terrain vague. Il n’est pas très motivé pour trouver une solution à notre problème de couchage. Finalement nous tentons de nous construire un abri avec de vieux matelas traînant dans une remise à bateaux sur le bord du lac. Nous avons peur du froid et des insectes, nous utilisons notre bombe anti-tiques pour nettoyer un peu notre couche composé de deux matelas au sol et deux matelas en guise de parois pour nous parer du vent.

Mes chaussures de randonnée ont rendu l’âme, après la perte d’une première semelle la veille, elles sont désormais définitivement hors d’usage. Cela m’attriste beaucoup car la chausse est encore en bon état, j’aurais peut-être pu les garder pour les faire réparer, mais j’ai peur de porter leur 1.5 Kg trop longtemps, alors je les cale dans un coin de la remise à bateau, en espérant qu’elles pourront rester là quelques années à écouter le clapotis de l’eau et les drôles de bruits des drôles d’oiseaux qui passent dans le coin.

Nous nous réveillons souvent dans la nuit, il fait beaucoup de vent, mais heureusement notre seul duvet et notre amour nous tiennent bien au chaud, et nous nous réveillons au petit matin par un calme dérangeant. Plus de vent, plus de bruit, mais une superbe vue sur le lac, à quelques mètres de nous.

Nous quittons le camp à 7 heures 10. Nous devons parcourir les 22 kilomètres vers l’embarcation pour traverser le lac O’Higgins dans la journée. Le petit chemin monte pendant 1 heure 15 avant d’arriver à la Laguna Grande. Nous avançons encore un peu, le chemin est désormais plus plat. Nous poussons un peu avant de faire une pause vers 10 heures. C’est déjà difficile et Leeloo peine avec son sac. De plus notre réserve de nourriture est limitée, mais nous devrions avoir suffisamment pour la journée. Nous arrivons bientôt à la frontière entre l’Argentine et le Chili, et le chemin devient carrossable.

Nous mangeons notre déjeuner vers 11 heures, à 7 kilomètres de l’arrivée, nous avançons beaucoup plus rapidement que la veille. Sébastien, partit tranquillement vers 9 heures du campement, nous rattrape vers midi et demi. Il s’arrête pour manger mais nous rejoint rapidement et nous terminons la route ensemble vers la douane Chilienne. Encore un petit kilomètre et nous pouvons profiter de trois bonnes heures d’attente devant les eaux envoûtante du lac O’Higgins.

 

La traversée du lac dure une bonne heure et demi mais le paysage est superbe. Les andes sortant des eaux laiteuse du lac ; perdus au bout du monde, nous sommes bouche bée devant cette nature tellement belle et tellement pure. Sur le bateau nous faisons la connaissance d’un suisse allemand et d’un allemand sympathiques. Une fois le lac traversé, un bus nous permet de parcourir les 9 kilomètres nous séparant du petit village de Villa O’Higgins, dernier bastion de vie tout au sud de la Carretera Austral, route magique sillonnant les Andes jusqu’à Puerto Montt, bien au nord d’ici…

 

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